La psychothérapeute Anne Clotilde Ziégler décrit une émotion mêlant notamment peur, colère, tristesse et frustration. Elle distingue cette jalousie de l’envie : dans le premier cas, la personne redoute de perdre un lien ou une attention auxquels elle tient, tandis que l’envie repose davantage sur le désir de posséder quelque chose appartenant à quelqu’un d’autre.
Plusieurs mécanismes peuvent favoriser son apparition. Le premier concerne l’insécurité affective. Certaines personnes vivent avec une crainte particulièrement forte d’être abandonnées ou rejetées. Cette inquiétude peut les conduire à surveiller attentivement le comportement de l’autre et à interpréter le moindre changement comme le signe possible d’un éloignement.
Le manque de confiance en soi constitue un autre facteur. Une personne peut se comparer continuellement à celles qu’elle considère comme des concurrentes et s’estimer moins attirante, moins intéressante ou moins accomplie. Ce sentiment d’infériorité renforce alors la peur d’être remplacé dans la relation.
Enfin, des expériences antérieures peuvent peser durablement. Une infidélité vécue dans une précédente relation, un sentiment d’abandon pendant l’enfance ou le souvenir d’avoir été délaissé peuvent entretenir une vigilance excessive dans les relations suivantes, même lorsque la situation actuelle est différente.
Quand les soupçons finissent par épuiser les deux partenaires

Pour la personne jalouse, la menace ressentie peut apparaître parfaitement réelle. Les inquiétudes sont alors susceptibles d’occuper une place considérable dans les pensées, avec des ruminations, des comparaisons permanentes et l’élaboration de scénarios négatifs.
Cette anxiété peut progressivement modifier les comportements. Questions répétées, demandes de justification, surveillance, reproches ou recherche permanente de réassurance deviennent parfois fréquents. Dans les formes les plus envahissantes, la personne tente de contrôler son environnement pour diminuer momentanément son inquiétude.
