Cette tension peut également avoir des manifestations physiques. Agitation, difficultés d’endormissement, perte d’appétit ou palpitations peuvent accompagner les périodes de forte anxiété.
La situation est également éprouvante pour celui ou celle qui fait l’objet des soupçons. Être constamment interrogé ou devoir continuellement prouver son attachement peut provoquer un sentiment d’étouffement et une perte de liberté. La personne peut simultanément ressentir de la culpabilité, de la tristesse ou de la colère face au manque de confiance dont elle fait l’objet.
À force de chercher à éviter les disputes, certains finissent par modifier leur comportement. Ils peuvent renoncer à certaines sorties, éviter de parler de certaines personnes ou contrôler leurs propres paroles. Cette autocensure peut progressivement déséquilibrer la relation, tandis que d’autres choisissent finalement de prendre leurs distances lorsque les conflits deviennent trop fréquents.
Rassurer l’autre sans renoncer à ses propres limites

Face à des manifestations répétées de jalousie, Anne Clotilde Ziégler conseille d’abord d’examiner objectivement la situation. Tous les soupçons ne sont pas nécessairement dépourvus de fondement. Certains comportements ambigus, certaines omissions ou certaines attitudes peuvent effectivement contribuer à entretenir l’insécurité de l’autre.
Il peut donc être utile de s’interroger sur ses propres comportements et sur la clarté de ses relations avec d’autres personnes. Si aucune ambiguïté réelle n’existe, la réassurance peut aider à réduire progressivement la peur de l’abandon, sans pour autant obliger la personne suspectée à renoncer à son autonomie.
La psychothérapeute évoque notamment la technique dite du « grain de vérité », associée au psychologue Claude Steiner. Elle consiste à reconnaître la partie factuellement exacte d’un reproche tout en rectifiant l’interprétation qui en découle. Reconnaître un fait ne signifie pas accepter l’accusation qui lui est associée.
Une personne pourrait ainsi confirmer avoir longuement discuté avec quelqu’un au cours d’une soirée tout en expliquant clairement que cette conversation ne traduisait aucune attirance particulière. Cette manière de communiquer permet de reconnaître la réalité observable tout en distinguant celle-ci des conclusions produites par la jalousie.
L’objectif consiste ainsi à rassurer sans alimenter indéfiniment les comportements de surveillance et sans renoncer à ses propres limites. La confiance ne peut pas reposer uniquement sur des justifications permanentes de la part de l’autre.
