Suivez-nous
21 juin 2026

Une partie de l’héritage de Bernard Pivot a été légué de son vivant, ces pépites transmises à un destinataire très particulier

Il a su faire lire la France avec passion, rigueur et élégance. Bernard Pivot, figure emblématique du paysage littéraire et télévisuel, s’est éteint à 89 ans, laissant derrière lui une œuvre immense, une voix reconnaissable entre toutes, et un legs intellectuel d’une rare richesse. Un homme de lettres devenu un passeur d’émotions et de savoir.

Publicité

Avant de devenir l’icône télévisuelle que la France a tant aimée, Bernard Pivot s’est d’abord illustré dans la presse écrite et radiophonique. Dans les années 1970 et 1980, il est chroniqueur sur RTL et Europe 1, apportant chaque semaine un regard affûté et chaleureux sur le monde des livres. Son ton, toujours accessible mais jamais simpliste, séduit un large public. C’est cependant la télévision qui fera de lui un nom incontournable, d’abord grâce à Apostrophes, lancée en 1975 sur Antenne 2, puis avec Bouillon de culture dans les années 1990. Deux émissions devenues cultes, à l’origine de nombreux 7 d’or, qui ont redéfini le rapport entre le grand public et la littérature.

Publicité

L’ambassadeur de la littérature française

Bernard Pivot n’était pas seulement un animateur : il était un amoureux des mots, un artisan du verbe et un défenseur acharné de la langue française. En rejoignant l’Académie Goncourt, il s’est inscrit dans la tradition des grandes plumes qui promeuvent la littérature avec exigence et bienveillance. À travers ses choix éditoriaux et ses interventions publiques, il a toujours privilégié l’intelligence, la curiosité et le goût de la transmission. Cette mission de passeur, il l’a assumée jusqu’au bout, y compris dans ses dernières années, malgré la fatigue et l’ombre de la maladie.

Un dernier geste de mémoire et de transmission

Publicité

Conscient de l’importance de son parcours, Bernard Pivot a choisi en 2021 de transmettre son patrimoine intellectuel à l’Imec, l’Institut mémoires de l’édition contemporaine, situé près de Caen. Un geste profondément symbolique, posé trois ans avant sa disparition. Sa fille confiait en 2024 au Parisien que malgré une perte d’autonomie progressive, son père « ne s’est jamais plaint » et « ne cessait de remercier ses proches ». Même diminué, il a tenu à organiser la sauvegarde de son œuvre, preuve d’un attachement viscéral à la mémoire et au savoir.

Publicité
Partager sur Facebook