Les radars automatiques franchissent une nouvelle étape dans le contrôle des conducteurs.

Désormais, certains excès de vitesse entraîneront automatiquement une vérification de l’assurance du véhicule, avec des conséquences potentiellement lourdes pour les automobilistes concernés.
La Sécurité routière a annoncé ce 16 février le déploiement d’un dispositif permettant de croiser les infractions relevées par radar avec le Fichier des véhicules assurés (FVA). Concrètement, lorsqu’un automobiliste est contrôlé pour un excès de vitesse particulièrement important, son assurance est désormais vérifiée automatiquement.
Dans un premier temps, la mesure cible les conducteurs flashés à plus de 50 km/h au-dessus de la limitation autorisée. Si le véhicule n’apparaît pas comme assuré, le conducteur recevra un procès-verbal unique regroupant les deux infractions, accompagné d’une convocation devant le tribunal.
Une priorité affichée par les autorités
Pour les pouvoirs publics, l’objectif est clair : réduire les risques sur les routes et limiter le coût collectif de la non-assurance. Les dommages causés par des véhicules non assurés sont en effet pris en charge par des fonds alimentés par l’ensemble des assurés et les contribuables.
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, a rappelé que la conduite sans assurance constitue une infraction grave, soulignant la nécessité de renforcer les contrôles via des outils automatisés.
Des sanctions cumulatives

Les sanctions encourues sont conséquentes. Pour un excès de vitesse supérieur à 50 km/h, la peine peut atteindre trois mois d’emprisonnement et 3.750 euros d’amende. Le défaut d’assurance expose à une amende du même montant, avec la possibilité d’une suspension de permis ou d’une confiscation du véhicule.
La Sécurité routière indique que cette mesure pourrait être élargie à l’ensemble des excès de vitesse à l’avenir, faisant de ce croisement de fichiers un outil de contrôle systématique.
Un débat sur la responsabilité et le coût des assurances
Sur RMC, Cyril, chauffeur VTC de 37 ans, s’est félicité de cette initiative, estimant qu’elle contribue à responsabiliser les conducteurs. Selon lui, circuler sans assurance peut avoir des conséquences financières durables, même en cas d’accident non responsable.

Il souligne toutefois le coût parfois élevé des primes, notamment pour les conducteurs considérés à risque. Certains profils peuvent en effet faire face à des cotisations mensuelles très importantes, ce qui alimente un débat plus large sur l’accessibilité de l’assurance automobile.
Les jeunes conducteurs particulièrement concernés
D’après les chiffres communiqués par les autorités, environ 515.000 personnes circuleraient sans assurance en France. En 2024, près de 5 % des véhicules impliqués dans des accidents corporels n’étaient pas assurés. Les moins de 35 ans sont particulièrement concernés : ils représentent un tiers des décès sur la route, mais les deux tiers des conducteurs non assurés impliqués dans des accidents graves. Le renforcement des contrôles vise donc aussi à cibler ces profils plus exposés.










