Rapide, pratique, presque devenu réflexe, le paiement sans contact s’est imposé dans le quotidien des Français.

Mais derrière ce geste anodin se cache une faille exploitée par des fraudeurs de plus en plus audacieux. Alertée par de nombreux signalements, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme face à une escroquerie discrète, difficile à détecter et déjà bien implantée.
Le paiement sans contact a profondément transformé nos habitudes. Un simple geste suffit désormais pour régler un achat, sans code ni monnaie. Mais cette simplicité a aussi ouvert la voie à une fraude de proximité, contre laquelle UFC-Que Choisir multiplie les mises en garde. Contrairement aux cyberattaques sophistiquées, cette arnaque repose sur une méthode rudimentaire, presque artisanale, et pourtant redoutablement efficace.
Un dispositif banal utilisé comme outil de vol
Ici, pas de piratage complexe ni d’intrusion informatique. Les escrocs utilisent un Terminal de Paiement Électronique (TPE) tout à fait classique, détourné de son usage légal. En approchant l’appareil d’un sac, d’une poche ou d’un manteau, ils déclenchent une transaction en quelques secondes. Aucun bruit, aucun contact direct, aucune alerte immédiate : la victime ne se rend compte de rien sur le moment.
Des lieux bondés particulièrement ciblés

Cette fraude prospère dans les endroits où la promiscuité est forte. Transports en commun, centres commerciaux, files d’attente bondées : autant de terrains favorables. Des faits ont notamment été signalés à Montpellier, où plusieurs vols ont été recensés dans les tramways. Selon Midi Libre, les auteurs « se collent aux gens, détournent leur attention, puis passent à l’acte », sans éveiller le moindre soupçon.
Des montants faibles mais des pertes cumulées
Le plafond d’un paiement sans contact est fixé à 50 euros, ce qui peut sembler limité. Mais la répétition de ces micro-débits peut rapidement représenter des sommes importantes. Le problème majeur réside dans le délai de détection : de nombreuses victimes ne découvrent l’arnaque qu’en consultant leur relevé bancaire, parfois plusieurs jours plus tard.
Une vigilance encore insuffisante des usagers
Face à ce phénomène, l’UFC-Que Choisir insiste sur la nécessité d’un contrôle régulier de ses comptes. Beaucoup de consommateurs ne vérifient leurs opérations qu’occasionnellement, laissant aux fraudeurs le temps de multiplier les transactions. Cette passivité involontaire contribue à l’efficacité de l’arnaque.
Les conseils concrets pour limiter les risques

L’association de défense des consommateurs préconise plusieurs mesures simples. Surveiller fréquemment ses relevés bancaires, signaler immédiatement toute anomalie, et utiliser des étuis anti-ondes NFC capables de bloquer les signaux sans contact. Éviter de laisser ses cartes accessibles dans des lieux surchargés fait également partie des réflexes essentiels à adopter.
Un cadre légal protecteur, sous conditions
En cas de fraude avérée, les banques sont tenues de rembourser les sommes prélevées, sauf si une négligence manifeste du client est démontrée. Une protection juridique qui existe, mais qui suppose une réaction rapide et des preuves claires. Là encore, la vigilance reste la meilleure défense.
Une arnaque différente des fraudes numériques classiques
Selon plusieurs experts en sécurité des paiements, cette escroquerie se distingue des grandes fraudes en ligne, souvent menées par des réseaux organisés. Ici, la technique est accessible à des individus peu formés, ce qui explique sa diffusion rapide dans l’espace public. Une banalité inquiétante, qui appelle à une prise de conscience collective.










