Un drame scolaire, une décision de justice, et une question qui continue de hanter une famille.

Six ans après les faits, le tribunal a tranché, mais le sentiment d’inachevé demeure pour les proches de l’adolescent décédé après un cours d’EPS malgré une dispense médicale formelle. Le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains a reconnu, ce mardi, la responsabilité pénale d’un professeur d’éducation physique et sportive dans le décès de l’un de ses élèves survenu en 2020. L’enseignant a été condamné à 18 mois de prison avec sursis et à une amende de 5 000 euros pour homicide involontaire.
Lors de l’audience du 25 novembre, le procureur avait qualifié la faute de « caractérisée » et requis deux ans de sursis. La défense, elle, plaidait la relaxe, estimant que la responsabilité ne pouvait reposer uniquement sur l’enseignant.
Un élève dispensé… mais présent en cours

Le jeune Baptiste, élève de cinquième âgé de 12 ans, souffrait depuis la naissance d’une hypertrophie du myocarde. Un certificat médical et une dispense officielle figuraient dans son dossier scolaire, rappelait le président du tribunal.
Conformément aux règles de l’Éducation nationale, l’adolescent devait néanmoins assister aux cours d’EPS en tenue, afin d’effectuer des tâches annexes. Mais le 1er décembre 2020, lors d’un cycle d’endurance, il a participé à une course à pied sur la piste du collège de Bons-en-Chablais. Pris d’un malaise, il a été évacué en urgence vers l’hôpital de Genève, où il est décédé le lendemain.
Une information jugée insuffisante par l’enseignant
À la barre, le professeur quinquagénaire a assuré avoir appris « entre deux portes » que son élève souffrait d’un problème cardiaque, sans savoir qu’une dispense formelle figurait dans son dossier. Selon lui, l’adolescent lui aurait affirmé pouvoir courir « en adaptant son effort ».
Il a également souligné que l’élève avait déjà participé à 18 séances d’EPS depuis la rentrée sans incident, estimant ne pas avoir eu de signe d’alerte avant le drame.
Des parents déterminés à poursuivre le combat

Les parents de Baptiste, eux, affirment avoir signalé à plusieurs reprises les problèmes de santé de leur fils à l’établissement, y compris l’année précédente. Ils dénoncent une responsabilité plus large que celle du seul enseignant.
« 18 mois avec sursis pour la mort d’un gamin de 12 ans, c’est très peu payé », a déclaré le père après le verdict, annonçant son intention de déposer plainte contre l’Éducation nationale.
De son côté, l’avocate du professeur a estimé que son client était « le coupable idéal » dans cette affaire et a annoncé faire appel de la décision, dénonçant l’absence de l’institution dans la procédure. Au-delà du verdict, cette affaire met en lumière les failles possibles dans la transmission des informations médicales au sein des établissements scolaires et la place des élèves dispensés lors des cours d’EPS.










