Rester allongé dix jours, presque sans bouger, pour contribuer à la recherche spatiale et percevoir une indemnisation conséquente : l’offre intrigue autant qu’elle fascine.

À Toulouse, une nouvelle étude scientifique propose à des volontaires de vivre une simulation d’impesanteur, au service de la compréhension du corps humain face aux missions spatiales prolongées.
L’Institut de médecine et de physiologie spatiales (Medes) s’apprête à lancer une étude singulière destinée à reproduire, sur Terre, les effets de l’impesanteur sur le corps humain. Le principe est simple en apparence mais exigeant dans la pratique : dix volontaires devront rester alités pendant dix jours, dans une position légèrement inclinée, afin de simuler l’absence de gravité vécue par les astronautes.
Cette posture spécifique, dite « tête en bas » à quelques degrés, est reconnue pour reproduire certains effets physiologiques observés en orbite. Les participants devront également suivre un protocole alimentaire strict, limité à 250 calories par jour, sous étroite surveillance médicale.
Des critères de sélection stricts pour les volontaires

L’étude ne s’adresse pas à tout le monde. Les chercheurs recherchent des hommes âgés de 20 à 40 ans, en excellente condition physique et ne présentant aucun problème de santé. La rigueur du profil exigé reflète l’importance scientifique des données collectées durant ces dix jours d’immobilité quasi totale.
En contrepartie de leur engagement, chaque volontaire recevra une indemnisation de 5.000 euros. Une somme qui peut sembler attractive, mais qui correspond à une contrainte réelle sur le plan physique et psychologique.
Comprendre le métabolisme face aux missions spatiales longues
Pour les scientifiques du Medes, cette étude s’inscrit dans une perspective claire : anticiper les effets des séjours prolongés dans l’espace. Amandine Fabre, cheffe de projet en recherche clinique, souligne que les futures missions spatiales seront de plus en plus longues, rendant cruciales les questions liées au métabolisme, à la nutrition et à l’adaptation du corps humain.
L’impesanteur provoque notamment une fonte musculaire, une redistribution des fluides corporels et des modifications du système cardiovasculaire. Reproduire ces conditions en laboratoire permet d’observer ces phénomènes sans quitter la Terre.
Le témoignage d’un ancien participant

Parmi les candidats potentiels figure Erwan, qui avait déjà participé à une étude similaire en 2023. À l’époque, il était resté alité durant 60 jours consécutifs, une expérience pour laquelle il avait perçu 18.000 euros. Son retour d’expérience met en lumière la capacité étonnante du corps à s’adapter à des conditions inhabituelles.
Selon lui, les premières heures sont les plus déroutantes : perte de repères, sensation d’étrangeté, difficulté à trouver une position confortable. Mais rapidement, le corps trouve un nouvel équilibre, illustrant la plasticité physiologique humaine face à des environnements extrêmes.
Une recherche au service de l’exploration spatiale
Ces protocoles, qui peuvent sembler contraignants voire surprenants, répondent à une logique scientifique rigoureuse. Ils permettent d’anticiper les risques encourus par les astronautes lors de séjours prolongés à bord de la Station spatiale internationale et lors des futures expéditions lointaines.









