Deux élues françaises du Parlement européen se retrouvent au cœur d’une polémique institutionnelle.

Après des comportements jugés incompatibles avec les règles de l’hémicycle, la présidente de l’assemblée, Roberta Metsola, a décidé d’intervenir. Entre sanctions disciplinaires, échanges acerbes sur les réseaux sociaux et rivalités politiques, l’affaire illustre les tensions persistantes entre formations politiques françaises à Bruxelles.
Le Parlement européen a récemment rappelé à l’ordre deux eurodéputées appartenant à La France insoumise, à la suite de comportements considérés comme contraires au règlement de l’institution. La présidente de l’assemblée, Roberta Metsola, a estimé que certaines actions menées au sein de l’hémicycle ou diffusées publiquement portaient atteinte à la dignité des débats parlementaires.
La première mesure concerne l’eurodéputée Leïla Chaibi. L’élue est sanctionnée après avoir tourné puis partagé sur les réseaux sociaux une vidéo réalisée lors d’une séance commémorant le dixième anniversaire d’une session liée à l’Espagne et au Portugal. Dans cette séquence, certains gestes ont été jugés inappropriés par la présidence du Parlement, qui a estimé qu’ils contrevenaient aux règles encadrant le comportement des parlementaires pendant les sessions officielles.
Face à cette situation, Roberta Metsola a décidé d’appliquer une sanction financière et institutionnelle. Leïla Chaibi voit ainsi son indemnité parlementaire suspendue pendant deux jours et se voit interdire de participer aux deux prochaines séances plénières auxquelles des chefs d’État ou de gouvernement seront invités. Cette mesure vise, selon la présidence, à rappeler les exigences de discipline et de respect au sein de l’assemblée européenne.
Une seconde élue également rappelée à l’ordre

L’autre eurodéputée concernée par cette décision est Rima Hassan, qui fait l’objet d’une sanction plus modérée. Dans son cas, la présidence du Parlement lui reproche d’avoir filmé un autre membre de l’institution pendant une séance plénière sans avoir obtenu son consentement préalable. La vidéo a ensuite été publiée sur les réseaux sociaux de l’élue, accompagnée de commentaires personnels.
Selon les règles internes du Parlement européen, la captation d’images d’autres élus dans l’hémicycle sans leur accord peut constituer une violation des principes de respect mutuel et de protection de la vie privée des parlementaires. La sanction retenue contre Rima Hassan consiste donc en un simple blâme officiel, une mesure disciplinaire considérée comme moins sévère que celle infligée à sa collègue.
Les deux élues ont été officiellement informées de ces décisions par la présidente du Parlement. Elles disposaient de la possibilité d’engager un recours interne afin de contester les sanctions prononcées. Aucune procédure de contestation n’ayant été engagée dans les délais prévus, les sanctions sont désormais considérées comme définitives, a précisé Roberta Metsola.
Réactions politiques et critiques de l’opposition

La décision n’a pas tardé à susciter des réactions dans la classe politique française. Sur les réseaux sociaux, l’eurodéputée du Rassemblement national Virginie Joron a publiquement salué les sanctions prononcées par la présidente du Parlement européen. Elle a affirmé que ces mesures constituaient une réponse à ce qu’elle décrit comme une « bordélisation de la vie politique », expression utilisée pour critiquer les méthodes de certains élus.
Dans son message, la parlementaire RN a insisté sur le fait que deux membres de La France insoumise venaient d’être sanctionnées pour des comportements jugés inappropriés dans l’enceinte d’une institution européenne. Cette prise de position s’inscrit dans un contexte de rivalité politique particulièrement marqué entre les formations françaises représentées au Parlement européen.
Les tensions entre élus français au sein de l’assemblée de Strasbourg sont fréquentes, notamment sur les réseaux sociaux où les échanges peuvent rapidement prendre une dimension polémique. Cette affaire n’a donc fait qu’alimenter un climat politique déjà tendu entre les différentes délégations françaises.
Rima Hassan minimise la portée de la sanction
De son côté, Rima Hassan a rapidement réagi à la polémique en cherchant à relativiser la décision de la présidente du Parlement européen. Répondant aux commentaires publiés sur X, l’élue a souligné que la mesure dont elle fait l’objet ne constituait pas une condamnation judiciaire mais simplement un blâme disciplinaire.
« Condamnée ? Détendez-vous, c’est un blâme », a-t-elle écrit en réaction à la publication de Virginie Joron. L’eurodéputée a également ironisé sur les motifs de la sanction, affirmant que les accusations portaient sur une vidéo qu’elle considérait comme humoristique.
Dans sa réponse, Rima Hassan a également évoqué un autre sujet polémique lié au Rassemblement national, estimant que certains scandales politiques auraient un impact plus négatif sur l’image du Parlement européen que la diffusion d’une simple vidéo satirique. Cette déclaration a contribué à prolonger l’affrontement politique entre les deux camps.










