
Portée par Faustine Bollaert, cette séquence intime donne la parole à deux femmes emblématiques : Sylvie Vartan et Macha Méril, dont les récits d’enfance ont bouleversé plus d’un foyer ce mardi 10 juin 2025. L’émotion a envahi le plateau dès les premières confidences de Sylvie Vartan. Née en Bulgarie, la future star du yéyé a grandi sous le joug soviétique, dans un pays totalement asservi à la figure de Joseph Staline. « La milice passait dans les rues pour contrôler la présence de portraits du dictateur », a-t-elle raconté, visiblement encore marquée par l’atmosphère de peur permanente qui régnait dans les foyers. Cette surveillance étouffante, quasi obsessionnelle, a forgé un sentiment d’exil avant même le départ.

Mais c’est au moment de quitter son pays natal que la coupure devient irrémédiable. « Visa pour un aller simple », peut-on lire sur le passeport de son père. Une mention glaciale qui résonne comme une condamnation : celle de ne plus jamais pouvoir revenir. L’artiste, alors âgée de sept ans, se souvient du dernier regard lancé à son grand-père sur le quai de la gare : « Son visage ruisselait de larmes. J’ai compris que je ne le reverrais jamais », confie-t-elle en larmes. Une scène gravée dans sa mémoire, comparable à un « coup de ciseau dans sa vie », qui reste vivace plus de soixante-dix ans plus tard.
Le choc de l’arrivée en France

L’arrivée dans l’Hexagone, bien que synonyme de liberté, ne s’est pas faite sans heurts. Sylvie Vartan raconte son premier café au lait à la Gare de Lyon avec une intensité sensorielle intacte. Tout était nouveau, étranger, mais porteur d’espoir. « Rien n’a été oublié, tout est à vif », résume-t-elle, comme pour dire que le déracinement ne connaît pas d’oubli, même lorsqu’il est adouci par le rêve français.
