À la tête des Républicains, l’ancien locataire de la place Beauvau entend se repositionner en vue de 2026 en investissant un champ où il reste peu identifié : l’économie. Une offensive idéologique assumée, destinée à redonner une colonne vertébrale à la droite.
Trois mois après son départ avec fracas de l’exécutif, Bruno Retailleau cherche à reconstruire son capital politique. Cette rupture lui a coûté une partie de l’influence acquise durant son passage au ministère de l’Intérieur, mais elle lui offre aussi une liberté de ton retrouvée. Désormais président de Les Républicains, il affiche clairement ses ambitions pour 2026, avec la présidentielle en ligne de mire.
L’économie comme nouveau terrain de conquête
Dans un entretien accordé aux Les Échos, Bruno Retailleau reconnaît que la France « a besoin d’une ligne claire » en matière économique. Un domaine dans lequel il sait ne pas être spontanément identifié par l’opinion, mais qu’il juge désormais central. Selon lui, les récents « cafouillages budgétaires » ont profondément déstabilisé non seulement « la France des honnêtes gens », mais aussi celle des entrepreneurs et des salariés.
« Renverser la table » face à un modèle à bout de souffle
Le sénateur vendéen ne mâche pas ses mots. Il juge le modèle social français « à bout de souffle » et appelle à en finir avec ce qu’il qualifie de « social-étatisme ». À ses yeux, ce système, installé depuis quarante ans, aurait dévalorisé le travail et fait exploser la dépense publique. Son objectif affiché est clair : restaurer la centralité du travail dans la société française.
Faire travailler plus… mais pour gagner davantage
Sur le terrain sensible du temps de travail, Bruno Retailleau prône une sortie assumée des 35 heures. Il propose un mécanisme qu’il présente comme gagnant-gagnant : davantage de rémunération pour les salariés et une baisse substantielle du coût du travail pour les entreprises grâce à un système de « zéro cotisation » sur certaines heures. Il avance également l’idée d’une annualisation du temps de travail et d’un nouveau seuil négocié de deux jours supplémentaires rémunérés, portant le volume annuel à 1 623 heures.
Un seuil fiscal et social clairement assumé

