La riposte des proches de Guedj
Mais cette neutralité affichée est loin de satisfaire tous les socialistes. David Assouline, soutien de Nicolas Mayer-Rossignol, n’a pas mâché ses mots sur les réseaux sociaux : “On ne met pas sur le même plan des propos antisémites et celui qui les dénonce.” Pour ces cadres du PS, le silence d’Olivier Faure équivaut à une forme de compromission, voire d’abandon de terrain moral, au moment même où la gauche devrait afficher une fermeté sans faille sur les valeurs républicaines.
La ligne Faure, qui repose sur un fragile équilibre entre alliance tactique et différenciation idéologique avec LFI, semble de plus en plus difficile à tenir. D’autant que le clan Guedj voit dans cette posture un signe de faiblesse, voire un alignement implicite sur des logiques d’alliance avec LFI que de nombreux militants rejettent.
Jean-Luc Mélenchon contre-attaque

Le fondateur de LFI, quant à lui, ne s’est pas privé de relancer les hostilités. Sur son blog et sur X, il ironise, attaque et accuse Guedj de jouer une partition hypocrite, voire opportuniste. Il évoque leur passé commun au sein du “Parti de gauche”, pour mieux souligner ce qu’il considère comme une “trahison” de l’élu socialiste, aujourd’hui qualifié de “girouette politique de l’Essonne”. Derrière cette charge, Mélenchon dénonce une stratégie assumée de rupture avec la NUPES, destinée selon lui à “faire le lit du macronisme”.
La violence de la riposte mélenchoniste montre que le divorce est plus que consommé. Les socialistes qui espéraient un apaisement post-congrès se retrouvent désormais face à un dilemme : poursuivre une alliance devenue invivable ou assumer une rupture qui pourrait diviser encore davantage la gauche.
Une gauche paralysée face à l’extrême droite
Dans son discours de clôture, Olivier Faure a déploré que les débats internes aient été transformés en référendum pour ou contre Jean-Luc Mélenchon, soulignant une “domination psychologique” des insoumis sur le reste de la gauche. Une analyse partagée par nombre de cadres socialistes, qui craignent de voir leur parti coincé entre le marteau de LFI et l’enclume de Renaissance, sans vision propre ni espace politique stable.
