Officiellement, la règle est simple : deux mandats consécutifs et puis s’en va. Officieusement, l’équation est plus nuancée.

Autour d’Emmanuel Macron, les confidences, les signaux et les analyses dessinent un horizon politique qui ne s’arrête pas à 2027, mais regarde déjà vers l’après.
En marge du salon Wine Paris, Emmanuel Macron a été interrogé sur la démission de Jack Lang de la présidence de l’Institut du monde arabe. Face aux caméras de Quotidien, le chef de l’État s’est montré d’une sobriété extrême : prise d’acte, pas de commentaire, rappel du rôle de la justice.
Cette retenue contraste avec une autre question qui, elle, agite les coulisses : que deviendra Emmanuel Macron après 2027 ? Car pour la première fois sous la Ve République, un président réélu se retrouve véritablement empêché de briguer un troisième mandat consécutif, conséquence directe de la révision constitutionnelle de 2008.
Une règle constitutionnelle vécue comme une contrainte

La limitation à deux mandats consécutifs, introduite sous Nicolas Sarkozy, s’impose à Emmanuel Macron. Mais selon plusieurs observateurs de l’Élysée, cette règle serait vécue comme une frustration plus que comme une évidence. Le journaliste Louis Hausalter, qui suit la présidence pour Le Figaro, décrit un chef de l’État qui ne se projette aucunement dans une retraite politique.
S’il ne tenait qu’à lui, expliquent ces sources, il se représenterait sans hésiter. Cette perspective alimente l’idée d’un scénario plus complexe qu’un simple départ en 2027.
L’hypothèse d’un retour en 2032
Selon ces analyses, Emmanuel Macron envisagerait une parenthèse de cinq ans avant un possible retour en 2032. L’idée serait de peser fortement sur la désignation de son successeur, afin qu’un proche puisse occuper la fonction sans rompre la continuité politique. Un président compatible avec un éventuel retour.
Le nom de François Bayrou aurait circulé dans ces discussions informelles, mais l’intéressé aurait décliné toute perspective de « présidence intérimaire », préférant d’autres responsabilités exécutives.

Une majorité déjà en ébullition
Pendant que ces hypothèses circulent, les ambitions se précisent au sein du camp présidentiel. Gabriel Attal, Édouard Philippe, Gérald Darmanin ou encore Bruno Retailleau sont régulièrement cités parmi les prétendants potentiels. Cette agitation précoce ne serait pas du goût du président, qui appelle publiquement à ne pas précipiter les calculs.
En juillet 2025, lors d’un rassemblement des Jeunes en marche, une phrase avait d’ailleurs retenu l’attention : « J’aurai besoin de vous dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans. » Une déclaration que beaucoup ont interprétée comme un clin d’œil à l’horizon 2032.
La politiste Virginie Martin rappelle qu’Emmanuel Macron conserve un socle électoral estimé autour de 20 %, un niveau qui, dans une présidentielle fragmentée, peut suffire à accéder au second tour. En 2032, il n’aurait que 54 ans, un âge relativement jeune à l’échelle de la vie politique française.









