Au retour d’Alger, Ségolène Royal plaide pour un geste fort entre Paris et Alger.

Entre mémoire coloniale, médiation diplomatique et sort de ressortissants détenus, l’ancienne ministre appelle à rouvrir des canaux de dialogue aujourd’hui grippés par une crise persistante.
De retour d’une visite en Algérie, Ségolène Royal a estimé que les « conséquences dramatiques » de la colonisation n’avaient jamais été pleinement reconnues par la France. Désormais présidente de l’Association France Algérie (AFA), elle appelle à un « geste de réconciliation et de reconnaissance » pour relancer une relation bilatérale enlisée.

La mémoire coloniale au cœur du malaise
Ségolène Royal rappelle qu’en 2017, alors candidat, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité » lors d’un déplacement à Alger. Selon elle, l’évolution ultérieure du discours présidentiel a été vécue comme une blessure par une partie de l’opinion algérienne, nourrissant incompréhensions et ressentiments.
Une médiation autour du cas de Christophe Gleizes
Lors de son séjour, Ségolène Royal dit avoir obtenu le transfert du journaliste français près d’Alger et l’autorisation de lui rendre visite. Condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », il n’aurait reçu que de très rares visites. Elle affirme avoir également soutenu une demande de grâce auprès des autorités algériennes, soulignant l’urgence humanitaire du dossier.
Un échange avec Abdelmadjid Tebboune et l’appel au respect mutuel

Reçue par le président algérien, elle assure que celui-ci se montre disposé au dialogue « dès lors que le respect et la considération sont au rendez-vous ». Pour elle, la reprise des discussions passe d’abord par un changement de ton, avant même les négociations techniques.
Une crise ravivée par le dossier du Sahara occidental
La relation s’est tendue après la reconnaissance par Paris, à l’été 2024, d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental, position contestée par Alger, qui soutient le Polisario. Depuis, plusieurs affaires judiciaires et diplomatiques ont entretenu la crispation entre les deux capitales.










