Goldnadel convoque un souvenir personnel marquant : l’affaire Sarah Halimi. Il évoque une justice qu’il juge excessivement clémente, rappelant que l’auteur du meurtre antisémite avait été déclaré pénalement irresponsable en raison de sa consommation de cannabis. À ses yeux, cette décision symbolise une dérive grave : celle d’un système judiciaire qui neutraliserait la notion de responsabilité au nom d’une lecture trop extensive de la folie.
Le risque de la fraude et de l’instrumentalisation
Deuxième dérive pointée : la facilité avec laquelle, selon lui, la folie pourrait être simulée. Il évoque la possibilité pour certains migrants ou leurs familles d’invoquer abusivement des troubles psychiatriques, avec l’appui d’associations militantes et de fonctionnaires animés par de bonnes intentions mais manquant de discernement. Pour l’essayiste, cette naïveté administrative participe à l’emballement du système.
Troisième argument : l’incohérence sanitaire. Même dans l’hypothèse où les pathologies seraient avérées, Goldnadel s’interroge sur la logique consistant à accueillir prioritairement des malades mentaux dans un pays où la psychiatrie est déjà en crise. Il pointe un secteur hospitalier saturé, sous-doté et incapable de répondre correctement aux besoins existants de la population nationale.
Le « masochisme occidental » comme clé de lecture idéologique
Pour expliquer cette accumulation de choix qu’il juge irrationnels, Goldnadel invoque une cause profonde : une décérébration morale et intellectuelle à l’œuvre depuis plusieurs décennies. Il parle d’un « masochisme occidental », nourri par une culpabilité post-coloniale, qui aurait engendré une forme de xénophilie excessive, aussi nocive à ses yeux que la xénophobie.

Dans un second temps, l’auteur élargit son propos à l’actualité internationale. Il s’indigne du mutisme du monde politique, intellectuel et artistique français face aux massacres commis par la République islamique d’Iran. À l’inverse de la virulence affichée contre d’autres régimes, il dénonce une indignation à géométrie variable, qu’il juge moralement insoutenable.
