À l’approche des municipales parisiennes, un jeu de chaises musicales s’amorce au sommet de l’État.

Le choix de Rachida Dati de quitter le gouvernement pour conquérir l’Hôtel de Ville rebat les cartes, tandis que son départ ouvre une succession stratégique au ministère de la Culture et révèle des alliances politiques aussi discrètes qu’inattendues.
Figure centrale de la droite française, Rachida Dati a confirmé le 18 janvier sur France Inter son intention de quitter prochainement le gouvernement. Une décision dictée par les règles de déontologie, alors qu’elle se lance officiellement dans la bataille pour la mairie de Paris, prévue les 15 et 22 mars. Maire du très symbolique 7ᵉ arrondissement, l’ancienne ministre de la Justice puis de la Culture entend désormais s’attaquer à l’un des postes les plus convoités de la vie politique française.
Une vacance stratégique au ministère de la Culture
Son départ imminent laisse derrière lui un portefeuille sensible. Le ministère de la Culture, vitrine du rayonnement français, se retrouve au cœur de toutes les spéculations. Dans un contexte électoral tendu et sous les projecteurs internationaux, la question de la succession n’a rien d’anecdotique. Pour l’exécutif, il s’agit de préserver la continuité tout en affichant un visage crédible et consensuel.

Catherine Pégard, un profil qui s’impose naturellement
Dans les couloirs du pouvoir, un nom revient avec insistance : celui de Catherine Pégard. Actuelle conseillère culture auprès de Emmanuel Macron, elle dispose d’un parcours solide et respecté. Ancienne journaliste politique, ex-collaboratrice de l’Élysée, elle a surtout marqué les esprits par sa présidence de plus de dix ans du château de Versailles, symbole majeur de la culture française.
Une relation de confiance avec le couple présidentiel
Ce qui distingue Catherine Pégard, au-delà de son CV, c’est la confiance étroite qu’elle entretient avec Emmanuel et Brigitte Macron. Cette relation s’est construite sur la durée, nourrie par des collaborations régulières et des échanges privilégiés, notamment lors de séjours au pavillon de La Lanterne. Pour beaucoup, cette proximité fait d’elle une candidate quasi naturelle, capable de rassurer autant le monde culturel que le sommet de l’État.
Une succession presque écrite d’avance

À l’Élysée, nombreux sont ceux qui estiment que la nomination de Catherine Pégard ne serait plus qu’une formalité, dès lors que le départ de Rachida Dati sera acté. Son profil expérimenté, son réseau et sa discrétion en font une figure de transition idéale, à même de poursuivre les orientations déjà engagées sans créer de rupture.
La mairie de Paris, théâtre d’alliances inattendues
Mais pendant que le ministère de la Culture retient l’attention, la campagne parisienne s’annonce explosive. Rachida Dati, réputée pour son sens aigu de la stratégie, multiplie les contacts. Une révélation intrigue particulièrement : sa proximité avec Sophia Chikirou, elle aussi candidate à la mairie. Sur le papier adversaires, les deux femmes partagent pourtant un objectif commun : affaiblir le Parti socialiste, solidement installé à l’Hôtel de Ville depuis plusieurs mandats.
Ces échanges discrets illustrent la complexité des rapports de force parisiens, où les lignes idéologiques traditionnelles se brouillent au profit d’alliances tactiques. Chaque voix comptera dans un scrutin qui s’annonce serré, et Rachida Dati semble prête à tout pour rebattre les cartes et rompre l’hégémonie socialiste.










