Parmi les expériences les plus déstabilisantes de cette période, la difficulté à retrouver pleinement sa voix occupait une place particulière.
La fatigue, les médicaments et les conséquences physiques de son état rendaient la communication beaucoup plus compliquée. Certaines pensées semblaient parfaitement claires intérieurement, mais les transformer en paroles demandait une énergie qu’elle ne possédait pas toujours.
Par moments, il fallait utiliser d’autres moyens pour se faire comprendre : un regard, un mouvement de la main ou quelques mots écrits rapidement.
Cette difficulté dépassait le simple fait de parler. Ne plus pouvoir communiquer normalement donnait parfois l’impression de perdre temporairement une partie de son autonomie et de son identité.
Autour d’elle, les conversations continuaient. Les proches et les soignants parlaient, posaient des questions et échangeaient des informations, tandis qu’elle devait fournir un effort supplémentaire pour participer à ce monde qui poursuivait son cours.
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