Une autre piste avait ensuite été envisagée sous le gouvernement de François Bayrou : maintenir les trois jours de carence puis laisser davantage de jours à la charge des entreprises, afin que l’Assurance maladie n’intervienne qu’ultérieurement.
Cette orientation avait suscité de fortes réserves du côté des organisations patronales, qui redoutaient principalement un simple déplacement de plusieurs milliards d’euros de dépenses publiques vers les entreprises.
Le Medef défend de son côté une logique différente. Son président Patrick Martin a plaidé pour des jours de carence qui ne pourraient être compensés ni par la Sécurité sociale, ni par l’entreprise ou un organisme de prévoyance. Dans un tel scénario, une partie de la perte de revenu resterait directement supportée par le salarié.
Cette proposition patronale doit cependant être distinguée de celle du nouveau rapport : celui-ci envisage avant tout un changement de financeur pour les premiers jours d’indemnisation, et non nécessairement leur suppression.
La prévoyance collective pourrait être étendue à davantage de salariés
Un transfert vers les entreprises soulève néanmoins une difficulté majeure : tous les salariés français ne disposent pas aujourd’hui d’une couverture de prévoyance collective comparable.
Les auteurs proposent donc d’envisager la création progressive d’un socle minimal de garanties pour les salariés. Le principe rappellerait celui retenu lors de la généralisation de la complémentaire santé en entreprise, entrée en vigueur en 2016.
Une négociation nationale interprofessionnelle pourrait définir les garanties minimales, tandis que les différentes branches professionnelles conserveraient la possibilité d’offrir une protection plus importante à leurs salariés.
Une telle généralisation aurait évidemment un coût pour les entreprises qui ne disposent actuellement d’aucun dispositif. Les auteurs reconnaissent cette conséquence, mais considèrent qu’une meilleure prévention et une régulation plus efficace des dépenses pourraient, à terme, limiter le coût des couvertures.

