Un geste machinal, presque anodin, mais qui peut parfois virer à la mauvaise surprise. Retirer de l’argent liquide reste une habitude bien ancrée chez de nombreux Français, malgré la généralisation du paiement par carte.

Pourtant, ce moment précis expose les usagers à des risques souvent sous-estimés, susceptibles de coûter cher. Malgré les prédictions répétées annonçant la disparition prochaine de la monnaie fiduciaire, les billets et les pièces continuent de circuler massivement. Chaque jour, des milliers de personnes se rendent au distributeur automatique pour obtenir des espèces, preuve que le tout-numérique n’a pas encore conquis tous les usages. Pour beaucoup, la carte bancaire est devenue l’outil quasi incontournable pour accéder à cet argent liquide, au prix toutefois d’une certaine vulnérabilité.
Un moment de faiblesse au distributeur
Introduire sa carte bancaire dans un distributeur n’est pas un acte anodin. C’est précisément à cet instant que les risques d’arnaques sont les plus élevés, alertent régulièrement les spécialistes de la sécurité bancaire. Parmi les techniques les plus redoutées figure le « skimming », une fraude discrète mais redoutablement efficace, régulièrement mise en lumière dans les faits divers.
Le « skimming », une fraude bien rodée

Comme l’expliquait Europe 1 dans un article publié en septembre dernier, le principe du skimming consiste à récupérer les données de la bande magnétique d’une carte bancaire afin de la cloner. Les escrocs piègent alors des terminaux de paiement ou des distributeurs automatiques, notamment dans des lieux peu surveillés, en y installant un dispositif frauduleux.
Des dispositifs presque invisibles
Selon les explications de Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, ces appareils, appelés « skimmers », se glissent directement dans la fente du distributeur tout en laissant suffisamment d’espace pour que la carte soit insérée sans éveiller les soupçons. L’utilisateur ne remarque généralement rien, tandis que ses données bancaires sont discrètement enregistrées.
Des cartes clonées facilement exploitables
Une fois les informations récupérées, les fraudeurs peuvent fabriquer une carte contrefaite. Celle-ci peut ensuite être utilisée pour des paiements de proximité ou des retraits, notamment dans des pays où la lecture de la puce n’est pas systématique, comme dans certaines régions d’Amérique ou d’Asie du Sud-Est. Parfois, les malfaiteurs vont encore plus loin en ajoutant une micro-caméra pour filmer la saisie du code confidentiel.
Des fraudes qui évoluent avec les usages

Les données dérobées servent également à effectuer des paiements à distance sur des sites de commerce en ligne, souvent situés hors d’Europe. Ces plateformes ne disposent pas toujours de systèmes d’authentification renforcée, même si les banques ont largement progressé sur ce terrain. Notifications sur smartphone et confirmations en temps réel permettent aujourd’hui de bloquer de nombreuses transactions frauduleuses.
Une pratique en recul, mais pas disparue
La Fédération bancaire française confirme que la fraude par skimming est en nette diminution ces dernières années, grâce aux avancées technologiques et à une meilleure sensibilisation des clients. Pour autant, le risque n’a pas totalement disparu et impose une vigilance constante.










