À l’approche du Ramadan, une même rumeur revient inlassablement sur les réseaux sociaux : l’existence d’une “prime spéciale” versée par la CAF.

Captures d’écran convaincantes, montants précis, formulaires urgents… De quoi semer le doute chez de nombreuses familles. Pourtant, la réponse officielle est sans ambiguïté. Sur TikTok, WhatsApp ou Facebook, les messages circulent avec assurance. Ils affichent le logo de la CAF, mentionnent une “prime Ramadan” et détaillent des sommes supposément versées aux allocataires. Certains évoquent 228,67 euros, d’autres parlent de 400 euros mensuels ou d’un complément par enfant, afin de renforcer la crédibilité de l’annonce.
En réalité, ces chiffres ne sont pas choisis au hasard. Ils reprennent souvent des montants correspondant à des aides bien existantes, comme la prime de Noël ou certaines allocations exceptionnelles. L’habillage visuel, parfois inspiré de communications officielles diffusées lors du Covid ou de la prime inflation, entretient la confusion. Mais derrière ces visuels, aucune décision gouvernementale n’existe.
La Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), via son dispositif de vigilance VigiCAF, a formellement démenti l’existence d’une telle aide. Le montant réel de cette prétendue prime Ramadan est de 0,00 euro. Aucun texte budgétaire, aucune ligne de financement ne prévoit de versement spécifique lié au Ramadan.

Un cadre juridique strict fondé sur la neutralité
Au-delà du simple démenti, il existe une raison juridique claire. La France applique le principe de laïcité issu de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État. Les organismes publics, dont la CAF, doivent respecter une stricte neutralité. Les prestations sociales sont attribuées selon des critères objectifs : ressources, composition du foyer, situation professionnelle ou handicap, et non en fonction d’une appartenance religieuse.
Instaurer une aide conditionnée à une fête religieuse, qu’il s’agisse du Ramadan ou d’une autre célébration, serait incompatible avec ce principe. C’est pourquoi les autorités rappellent régulièrement qu’aucune prestation ne peut être liée à une pratique religieuse. Les campagnes d’information de VigiCAF visent précisément à éviter que cette confusion ne s’installe durablement.

Une mécanique d’arnaque bien huilée
Derrière ces annonces séduisantes se cache souvent une tentative de fraude. Les messages invitent généralement à “vérifier son éligibilité” via un lien. L’internaute est alors redirigé vers un site qui imite l’interface officielle de la CAF, parfois à la perfection. On lui demande son numéro de Sécurité sociale, son mot de passe ou ses coordonnées bancaires.
Une fois ces informations récupérées, des fraudeurs peuvent modifier le RIB associé au compte, effectuer des démarches à la place de l’allocataire ou perturber les versements en cours. Les conséquences peuvent être lourdes, tant sur le plan financier qu’administratif.
Face à ces messages, la règle est simple : ne jamais cliquer sur un lien reçu par message ou via un réseau social sans vérification préalable. La CAF communique exclusivement via son site officiel et son application sécurisée, ainsi que par courrier ou notification authentifiée.










