Le futur congé supplémentaire de naissance, attendu pour l’été 2026, pourrait déjà évoluer avant même son entrée en vigueur.

Dans une note consacrée au recul de la natalité, le Haut commissariat au Plan et à la Stratégie propose d’aller plus loin afin de renforcer l’accompagnement des jeunes parents.
Adopté dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance doit entrer en application à partir du mois de juillet. Ce dispositif permettra à chaque parent de bénéficier de jusqu’à deux mois de congé indemnisé en plus des congés maternité et paternité déjà existants. Les parents pourront choisir de prendre ces périodes simultanément ou de manière alternée.
Une proposition pour ajouter un troisième mois

Dans une note publiée le 5 mai, le Haut commissariat au Plan et à la Stratégie recommande d’élargir ce mécanisme. L’organisme propose l’ajout d’un troisième mois de congé, à condition que le père ait pris au moins un mois auprès de l’enfant. Selon les auteurs du rapport, cette mesure favoriserait un meilleur partage des responsabilités parentales et soutiendrait davantage l’équilibre entre vie professionnelle et familiale.
Un modèle inspiré des politiques nordiques
Les experts suggèrent également de développer un accompagnement spécifique autour de la parentalité. Ils évoquent notamment le modèle suédois des groupes de pères, avec un renforcement du rôle des services de protection maternelle infantile et des structures dédiées aux « 1 000 premiers jours ». L’objectif affiché est d’encourager l’implication des deux parents dès les premiers mois de l’enfant.
Des décrets encore attendus avant l’application

Si la mesure doit théoriquement entrer en vigueur cet été, plusieurs textes réglementaires restent attendus. Un décret doit notamment préciser les modalités d’indemnisation du congé supplémentaire de naissance. Selon les orientations actuelles, le premier mois pourrait être compensé à hauteur de 70 % du salaire net, puis 60 % pour le second mois, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros mensuels en 2026.
Une réponse face à la baisse durable des naissances
Cette réflexion intervient dans un contexte de recul marqué de la natalité en France. En 2025, le pays a enregistré environ 644 000 naissances, soit un niveau historiquement bas, inférieur au nombre de décès pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Pour Clément Beaune, haut commissaire au Plan et à la Stratégie, cette évolution constitue un enjeu majeur ayant des conséquences directes sur l’économie, les politiques publiques et l’organisation de la société française.










