L’appel à la régulation : 25 ans de lutte ignorée
Ce n’est pas la première fois que les professionnels du tatouage demandent l’instauration de normes officielles. Tin-Tin confie que le SNAT milite depuis 25 ans pour une régulation sérieuse de la profession, en vain. « On n’attend plus grand-chose des pouvoirs publics. Tout le monde s’en fout », lâche-t-il, amer.
Le manque de normes favorise les pratiques à la limite de la légalité, met en danger la santé publique, et contribue à la dégradation de l’image du métier. Les tentatives de dialogue avec les autorités sont restées lettres mortes, malgré une clientèle de plus en plus nombreuse et exposée à des risques sanitaires.
Un attachement fort aux professionnels “à l’ancienne”
Du côté des clients, certains restent fidèles aux artisans historiques. Karine, une habituée, témoigne au micro de RMC : « Le père de mon fils s’est fait tatouer par Tin-Tin il y a 30 ans, il n’a jamais eu à le retoucher ». En revanche, elle regrette un tatouage bon marché réalisé en vacances et mal exécuté. Son fils, aujourd’hui tenté par un tatoueur repéré sur TikTok, se heurte à son refus catégorique : elle exige un professionnel reconnu, même plus cher.
Ce clivage générationnel reflète un changement culturel, mais aussi une perte de confiance croissante vis-à-vis d’un marché perçu comme anarchique.
Un avenir incertain pour un art en perte de repères
Aujourd’hui, le tatouage est pris entre deux mondes : celui des passionnés exigeants, défenseurs d’un artisanat exigeant, et celui d’un marché dérégulé où le tatouage devient produit de consommation immédiate. Tin-Tin, figure pionnière, incarne le dernier rempart contre une déprofessionnalisation rampante, dans un secteur devenu victime de son propre succès.

