Un simple changement de couleur suffit parfois à transformer les habitudes sur la route.

Depuis le 1ᵉʳ janvier, les plaques d’immatriculation temporaires ne sont plus blanches mais roses. Une évolution visuelle marquée, pensée pour mieux sécuriser le système et répondre à une hausse préoccupante des fraudes.
Désormais, un véhicule en attente d’immatriculation définitive se repère en un instant. Les plaques temporaires, utilisées pour les voitures neuves, importées ou en cours de régularisation administrative, adoptent un fond rose. L’objectif est d’offrir une identification immédiate et claire du caractère transitoire du véhicule.
Selon les données du ministère de l’Intérieur, environ 250 000 cas d’usurpation d’immatriculation sont recensés chaque année. Face à ce volume significatif, les autorités ont choisi d’agir en rendant les plaques provisoires plus visibles, afin de limiter les détournements et les usages prolongés au-delà des délais autorisés.
Une réponse à l’augmentation des fraudes

Depuis la dématérialisation et la délégation de certaines démarches liées aux cartes grises à des opérateurs privés, les signalements d’usurpation se sont multipliés. Le changement de couleur vise donc à simplifier les contrôles et à réduire les risques d’utilisation abusive.
La commissaire Cassandre Leblond, du Service départemental de sécurité publique du Nord, souligne que cette évolution doit faciliter le travail des forces de l’ordre en permettant une vérification rapide de la validité des plaques temporaires. Le rose attire l’attention là où l’ancienne plaque blanche pouvait passer plus inaperçue.
Marc Jeansou, président de l’Automobile Club du Nord de la France, rappelle que la date de validité figure directement sur la plaque. Ainsi, un contrôle visuel suffit à déterminer si le véhicule circule encore dans le cadre légal prévu.
Des contrôles plus fréquents sur les routes
Sur le terrain, certains conducteurs équipés de plaques roses remarquent déjà une vigilance accrue. La visibilité renforcée entraîne mécaniquement davantage de vérifications, ce qui peut surprendre ceux qui respectent pourtant les délais réglementaires.
Les plaques dites « WW » permettent de circuler en attendant la délivrance de la carte grise définitive. Leur validité peut aller jusqu’à quatre mois selon la situation. Dans certains cas, notamment lors d’importations ou de démarches administratives plus longues, un certificat temporaire d’un mois peut être renouvelé sous conditions.

Les plaques « W garage », réservées aux professionnels comme les concessionnaires et garagistes, adoptent elles aussi la nouvelle teinte rose. Elles autorisent la circulation de véhicules non immatriculés uniquement dans le cadre d’activités spécifiques. Dépasser la durée autorisée peut entraîner une contravention de 135 euros.
Un enjeu financier et administratif majeur
Au-delà de la visibilité, la réforme répond à un risque bien réel : la réattribution automatique des numéros provisoires après quatorze mois. Lorsque deux véhicules circulent avec la même immatriculation temporaire, des désagréments administratifs peuvent survenir.
Le garagiste nordiste Stéphane Ponchaux explique que dans ce type de situation, le dernier titulaire enregistré peut recevoir des avis de contravention qui ne correspondent pas à son usage réel du véhicule. Certaines affaires ont donné lieu à des montants cumulés particulièrement élevés, nécessitant des démarches longues pour rétablir la situation.










