Ce jeudi 22 mai 2025, tous les regards se sont tournés vers lui : Pierre Richard, silhouette familière du cinéma français, est monté les marches du Festival de Cannes avec une dignité bouleversante. Âgé de 90 ans, affaibli mais souriant, l’acteur a fait une entrée remarquée sur le tapis rouge, main dans la main avec son épouse, la comédienne et productrice brésilienne Ceyla Lacerda.
Complice et visiblement ému, le couple a offert une image de grâce et de force discrète. Pierre Richard, légèrement amaigri, a été assisté d’une chaise installée par l’organisation, et a salué avec pudeur les photographes et le public. Une séquence pleine d’humanité, sans mise en scène, sans artifices.
Un film profondément personnel

S’il était là ce soir-là, c’était pour présenter un film très spécial : L’Homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, projeté en séance spéciale dans la salle Agnès Varda. Un film qu’il a écrit et réalisé, près de trente ans après sa dernière mise en scène. Un événement rare pour Cannes, où les comédies, surtout françaises, peinent à se faire une place dans les sélections.
“C’est différent, parce que c’est mon film”, a-t-il confié dans une interview à L’Indépendant. “Ce n’est pas souvent qu’on choisit les comédies pour les festivals comme Cannes.” Cette œuvre, tournée dans l’Aude entre Gruissan et Armissan, raconte une amitié inattendue autour d’un ours échappé d’un cirque. Une histoire à hauteur d’homme, empreinte de poésie et de regard tendre sur le monde.
Une comédie… et une déclaration d’amour au cinéma
Pour Pierre Richard, ce film est bien plus qu’un retour à la réalisation. C’est une déclaration d’amour au cinéma populaire, aux territoires oubliés, aux acteurs vrais. “Je voulais éviter l’accent simulé des Parisiens”, glisse-t-il malicieusement, expliquant son choix de travailler avec des comédiens occitans comme Jean-Claude Baudracco.
