Le café, incontournable du petit-déjeuner pour des millions de Français, traverse une période de fortes turbulences.

Hausse des prix, récoltes fragilisées et tensions sur les routes maritimes alimentent les inquiétudes d’une possible pénurie dans les supermarchés. Derrière ces signaux d’alerte, toute une chaîne d’approvisionnement mondiale se retrouve sous pression.
Le café, nouveau produit sous tension dans les supermarchés
Depuis plusieurs mois, de nombreux consommateurs ont remarqué une évolution inquiétante dans les rayons des supermarchés. Le prix de certains paquets de café a fortement augmenté et certaines références deviennent plus difficiles à trouver.
Après les tensions observées sur des produits comme l’huile ou les œufs, un autre pilier du petit-déjeuner se retrouve désormais sous surveillance : le café. Plusieurs producteurs, logisticiens et associations de consommateurs signalent une matière première devenue instable.
Les chiffres illustrent cette tendance. En un an, certains paquets ont vu leur prix grimper jusqu’à 46 %. Sur une cinquantaine de références analysées, la hausse moyenne atteint environ 18 % sur un an et près de 23 % sur deux ans.
Aujourd’hui, le prix moyen du café en France se situe autour de 31 euros le kilogramme. Les paquets de café moulu ou en grains se rapprochent souvent des 20 €/kg, tandis que les capsules peuvent atteindre près de 60 €/kg.
Des marchés mondiaux extrêmement volatils

Cette flambée des prix en magasin reflète directement l’évolution des marchés internationaux. Le café est en effet une denrée importée dont le prix dépend fortement des récoltes mondiales et des coûts de transport.
En 2024, le cours du café arabica a bondi d’environ 90 %, atteignant près de 3,48 dollars la livre, soit un peu plus de 7 euros le kilo sur les marchés de matières premières.
Les analyses publiées par Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires soulignent que les produits agricoles importés sont particulièrement sensibles aux fluctuations climatiques et logistiques.
La moindre perturbation dans la production ou dans les transports peut ainsi provoquer des variations rapides des prix.
Des récoltes fragilisées par le climat
Les deux principaux producteurs mondiaux de café, Brésil et Vietnam, représentent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale.
Or ces pays ont récemment subi plusieurs phénomènes climatiques extrêmes. Sécheresses, pluies torrentielles et épisodes de gel ont endommagé les plantations de caféiers et réduit les récoltes.
Cette baisse de production intervient alors même que la consommation mondiale de café continue de progresser, créant un déséquilibre entre l’offre et la demande.
Dans ce contexte, certains économistes et l’association de consommateurs UFC-Que Choisir redoutent que le café devienne progressivement un produit plus coûteux et moins accessible.
Des routes maritimes perturbées
La production agricole n’est pas la seule cause des tensions sur le marché. Les chaînes logistiques internationales connaissent également des perturbations.
Les routes maritimes reliant l’Asie, l’Afrique et l’Europe ont été fortement affectées ces derniers mois, notamment autour de la mer Rouge.
Ces difficultés obligent certains cargos à emprunter des itinéraires plus longs, ce qui augmente les délais de livraison et les coûts de transport.
Les importateurs européens de café voient ainsi leurs marges se réduire, ce qui contribue à la hausse des prix dans les supermarchés.
Des ruptures déjà observées ailleurs

Dans plusieurs pays producteurs ou importateurs, certains indicateurs de distribution commencent déjà à signaler des ruptures de stock ponctuelles.
L’indice de rupture de la société Neogrid a ainsi observé une augmentation des produits manquants dans les rayons, au même moment que pour d’autres denrées sous tension comme le sucre ou l’huile d’olive.
En France, la situation rappelle celle des œufs, dont les rayons ont parfois été clairsemés ces derniers mois. Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir publiée en février 2026, ces pénuries résultent principalement d’un déséquilibre temporaire entre production et consommation.
Un retour à la normale est attendu pour les œufs dans le courant de l’année 2026. Pour le café, toutefois, l’évolution dépendra largement des récoltes et des conditions logistiques internationales.
Faut-il constituer un stock de café ?
Face à ces incertitudes, certains consommateurs s’interrogent sur l’opportunité de constituer un petit stock de café à domicile.
Les spécialistes recommandent toutefois de rester raisonnable. L’objectif n’est pas de vider les rayons, mais simplement de prévoir quelques semaines ou quelques mois de consommation. Pour une conservation optimale, il est préférable d’acheter du café en grains entiers. Ce format est moins sensible à l’oxydation que le café moulu.









