Le financement du permis de conduire via le Compte personnel de formation a profondément modifié l’accès à cette étape clé de l’autonomie.

Mais à partir de 2026, cette possibilité sera drastiquement restreinte. Une décision budgétaire qui provoque déjà une onde de choc chez les actifs, les auto-écoles et les défenseurs de la mobilité.
À partir du budget 2026, le permis de conduire ne pourra plus être financé par le CPF pour les actifs, sauf s’ils sont officiellement demandeurs d’emploi. Cette mesure, intégrée au volet « dépenses » du projet budgétaire pour lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité via l’article 49.3, marque un changement profond dans la philosophie du dispositif.
Jusqu’ici, le permis B représentait la formation la plus financée par le CPF. En 2023, il constituait à lui seul 23 % des formations réglées par ce biais, selon les chiffres de la Dares. Une proportion considérable qui a progressivement fait du CPF un levier central d’accès à la mobilité.
La fin d’un financement devenu massif
Le coût moyen du permis, estimé entre 1 500 et 2 000 euros, avait rendu cette option particulièrement attractive pour des milliers de Français. En 2024, sur environ 1,5 million de candidats au permis B, près d’un quart a eu recours à son CPF pour financer sa formation, selon le ministère de l’Intérieur.
Parallèlement à cette restriction, une autre aide disparaît : la prime de 500 euros accordée aux apprentis pour passer leur permis sera supprimée. Un double coup dur pour les jeunes et les travailleurs modestes.

Une volonté de réorienter le CPF vers les reconversions
À l’origine de cette évolution, un amendement voté au Sénat en décembre, porté par le sénateur Xavier Iacovelli (Renaissance), et maintenu par le gouvernement. L’objectif affiché n’est pas de réaliser des économies, mais de réorienter l’usage du CPF vers des bilans de compétences et des formations liées aux reconversions professionnelles.
Selon le sénateur, le permis n’aurait pas augmenté le nombre de conducteurs, mais simplement remplacé une dépense individuelle par un financement mutualisé, mobilisant près de 300 millions d’euros par an.
Un usage majoritairement fait par des actifs
Les chiffres avancés par le Sénat montrent que moins d’un tiers des bénéficiaires du CPF pour le permis étaient des demandeurs d’emploi. Plus de 75 % avaient plus de 25 ans et étaient déjà insérés dans la vie professionnelle.
Pour les défenseurs de la réforme, cela justifie de réserver ce droit aux personnes en recherche d’emploi, pour lesquelles la mobilité peut constituer un frein majeur à l’embauche.

Colère des auto-écoles et des associations
Du côté des professionnels du secteur, la réaction est vive. Les auto-écoles dénoncent une mesure qui risque d’exclure une partie importante de la population active de l’accès au permis. L’association « 40 millions d’automobilistes » et la Fédération des auto-écoles nouvelle génération parlent d’une véritable « fracture sociale ».
Selon elles, cette décision pénalise particulièrement les habitants des zones rurales et périurbaines, les ouvriers, les aides à domicile ou encore les intérimaires, pour qui la voiture reste indispensable faute de transports en commun efficaces.
Un débat qui dépasse la simple question budgétaire
Au-delà du budget, cette réforme soulève une interrogation plus large sur la place de la mobilité dans l’égalité des chances. Le CPF, initialement conçu comme un outil de progression professionnelle, s’était progressivement transformé en un facilitateur d’autonomie quotidienne.










