Pris au piège d’une escalade militaire inattendue, des centaines de Français aux Émirats arabes unis attendent un éventuel rapatriement.

Parmi eux, plusieurs figures médiatiques ont lancé des appels à l’aide. Une mobilisation qui déclenche en France un débat virulent sur la solidarité nationale et la responsabilité individuelle.
Depuis les frappes iraniennes visant plusieurs pays du Golfe, la situation sécuritaire s’est brutalement dégradée dans la région. La fermeture de l’espace aérien des Émirats arabes unis a empêché de nombreux ressortissants étrangers de quitter le territoire. Vacanciers, expatriés et travailleurs se retrouvent désormais coincés, dans l’incertitude la plus totale.
Sur les réseaux sociaux, certains Français ont partagé leur angoisse, diffusant des images de panaches de fumée et relatant les détonations entendues dans la nuit. Parmi eux figurent des personnalités très suivies, comme Maeva Ghennam ou Élodie Gossuin, cette dernière en séjour familial à Dubaï. Tous décrivent un climat de sidération, marqué par la peur et l’impossibilité de rentrer en France à court terme.
L’appel à l’aide qui divise
Maeva Ghennam, passeport à la main dans une vidéo largement relayée, a demandé à la France de les « protéger », expliquant avoir hurlé de panique en entendant une frappe. Son témoignage, comme celui d’autres influenceurs, a immédiatement suscité une vive controverse. Certains internautes dénoncent une dramatisation excessive, d’autres expriment leur solidarité.
Au cœur du débat : la situation fiscale de plusieurs influenceurs installés à Dubaï, réputée pour son absence d’impôt sur le revenu. Pour une partie de l’opinion, l’appel à l’aide adressé à l’État français pose question. La polémique s’est invitée sur le plateau des Les Grandes Gueules, où les chroniqueurs ont vivement réagi.
“Qu’ils paient le rapatriement”

Le cheminot et chroniqueur Bruno Poncet s’est dit favorable à un retour des ressortissants français, mais sous condition. Selon lui, le rapatriement devrait être facturé aux intéressés, notamment à ceux qui ont choisi l’expatriation pour des raisons fiscales. Il souligne une forme d’ironie : ceux qui critiquent parfois la France sollicitent aujourd’hui son assistance.
Même tonalité chez l’avocat Charles Consigny, qui estime que l’État doit assurer la sécurité de ses citoyens, tout en plaidant pour un remboursement intégral des frais engagés. “Même si cela représente 100 000 euros par personne, ils doivent payer jusqu’au dernier centime”, martèle-t-il, visant explicitement certaines figures médiatiques.
Réplique et justification des intéressés
Face aux critiques, Maeva Ghennam a tenu à préciser qu’aimer Dubaï ne signifiait pas renier la France. Elle affirme s’acquitter de ses obligations fiscales et rejette toute accusation de trahison. La jeune femme dénonce également les moqueries visant ceux qui traversent une période d’angoisse, rappelant que personne ne choisit de vivre sous la menace de missiles.
Sa situation personnelle complique encore les choses : visée en 2025 par une interdiction de quitter le territoire émirati à la suite d’une altercation, elle ignore si elle pourrait bénéficier d’un éventuel rapatriement. Une incertitude supplémentaire dans un contexte déjà anxiogène.
Solidarité nationale ou procès d’intention ?

La polémique ne fait toutefois pas l’unanimité. L’animatrice Joëlle Dago-Serry défend une position plus conciliante, rappelant que la France a déjà procédé à des rapatriements dans des situations bien plus controversées. Pour elle, la nationalité implique une protection, indépendamment du statut social ou du niveau de revenus.
Elle dénonce un acharnement disproportionné contre les influenceurs, estimant que leur visibilité amplifie simplement une détresse partagée par de nombreux anonymes. Derrière les figures médiatiques, il y a aussi des familles, des salariés et des enfants confrontés à une crise géopolitique imprévisible.
Une priorité diplomatique affirmée
De son côté, l’ambassade de France aux Émirats arabes unis a rappelé que les départs restent impossibles tant que l’espace aérien demeure fermé. Les autorités exhortent les ressortissants à respecter strictement les consignes de sécurité : rester à domicile, éviter les zones ouvertes et se tenir à l’écart des fenêtres.
Au Quai d’Orsay, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réuni une cellule de crise, réaffirmant que la sécurité des Français à l’étranger constituait une “priorité absolue”. Près de 1,8 million de ressortissants vivent hors du territoire national, rappelant l’ampleur des enjeux lorsque survient une crise internationale.










