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11 septembre 2026

« On est anéantis » : une boulangerie bientôt rasée pour un couloir de bus et 3 mètres de piste cyclable

Mais depuis quelques mois, la sérénité a laissé place à la colère. En cause, un projet de ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) porté par le Sytral et la Métropole de Lyon. Le plan initial, approuvé en 2019, prévoyait une emprise de 20 mètres sur la chaussée. Sauf qu’avec la mise en œuvre des nouvelles politiques écologistes, la largeur a été élargie à 23 mètres pour intégrer une “voie lyonnaise”, un axe cyclable destiné à favoriser la mobilité douce.

Pour les boulangers, ces trois mètres supplémentaires sont synonymes de catastrophe. « Ces trois mètres changent tout ! On va se faire exproprier », fulmine Ali Harbaoui. Le parking de la boulangerie serait amputé de moitié, rendant l’accès quasi impossible à la clientèle professionnelle, qui représente l’essentiel du chiffre d’affaires.

Une visite judiciaire vécue comme une humiliation

Lundi 6 octobre, la tension est montée d’un cran. Une juge des expropriations, accompagnée d’un huissier, s’est présentée sur place pour dresser l’inventaire du matériel. Une scène surréaliste, racontent les témoins, où le boulanger, désemparé, a assisté impuissant à ce qu’il considère comme le prélude à la fin de son activité.

« Le Sytral veut gagner du temps et nous a envoyés devant le juge, déplore Ali Harbaoui. On a construit cette boulangerie avec toutes nos économies, et aujourd’hui, on veut nous la prendre pour trois mètres de béton. »

Depuis, la colère s’est muée en angoisse. Les frères Harbaoui redoutent une fermeture d’ici la fin de l’année. Deux ans de travaux ont déjà affaibli leur commerce, et la perspective d’une expropriation les plonge dans une situation financière dramatique.

Des commerçants désespérés face à une administration inflexible

La clientèle aussi s’inquiète. Les artisans, chauffeurs et riverains qui fréquentaient la boulangerie peinent déjà à se garer. « On nous dit que les clients viendront en vélo ou en bus, mais on n’y croit pas une seconde ! », tranche Ali. Selon lui, la suppression du parking entraînerait une perte de 80 % du chiffre d’affaires, condamnant de fait l’entreprise et ses dix salariés.

Du côté du Sytral, le ton se veut apaisant. « Les procédures ne sont pas encore engagées officiellement, précise Vincent Monot, vice-président écologiste de la Métropole. Nous en sommes à la phase d’acquisition foncière et d’estimation des Domaines. L’enquête publique décidera de l’intérêt général du projet. »

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