Ce comportement inhabituel n’a pas seulement surpris le réalisateur. Trois monstres sacrés du cinéma français, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort et Philippe Noiret, tous partenaires de Michel Blanc dans Les Grands Ducs, se seraient plaints directement à Patrice Leconte.
« Ils me disaient : ‘Mais qu’est-ce qu’il a Michel ? Pourquoi il est comme ça ?’ » rapporte le cinéaste. Une ambiance pesante donc, sur un tournage qui, paradoxalement, donnait à voir à l’écran une comédie douce-amère sur des acteurs cabossés par la vie, réunis dans une dernière tournée théâtrale.
Pour autant, le réalisateur préfère retenir le résultat final plutôt que les états d’âme de l’acteur. « Ce qui compte, c’est ce qu’on voit à l’écran. Et là, Michel était impeccable. Mais humainement, c’était un moment étrange, un peu sombre. »
Un hommage teinté de franchise

Michel Blanc est décédé le 3 octobre 2024, laissant derrière lui une carrière impressionnante, jalonnée de succès populaires et de rôles plus introspectifs. Son tempérament réservé, parfois jugé difficile, a souvent été évoqué dans les milieux du cinéma sans jamais éclabousser sa réputation d’acteur exigeant.
Avec ce témoignage, Patrice Leconte ajoute une nuance à l’image publique du comédien. Non pas pour ternir sa mémoire, mais peut-être pour rappeler que les plus grands artistes traversent aussi des phases d’ombre, que les tournages peuvent être des lieux de fragilité, d’angoisse, et que derrière la justesse d’un jeu peut se cacher un être en plein désarroi.
