Connue pour son franc-parler et son refus des faux-semblants, Mathilde Seigner n’a jamais cherché à lisser ses opinions pour plaire.

En 2026, alors que certaines de ses positions refont surface dans le débat public, une interview accordée en 2023 ressurgit et éclaire, avec une étonnante constance, son regard critique sur la France contemporaine.
Même loin des plateaux promotionnels ou des polémiques immédiates, Mathilde Seigner continue de susciter l’attention par la radicalité assumée de ses propos. En 2023, alors qu’elle évoquait ses projets artistiques, l’actrice avait surtout marqué les esprits par une réflexion très personnelle sur le monde qui l’entoure. Une prise de parole à contre-courant, presque rugueuse, qui tranchait avec les discours consensuels habituellement attendus des figures publiques.
Une nostalgie revendiquée, loin des modes actuelles

L’actrice ne s’en est jamais cachée : elle se sent profondément en décalage avec son temps. Dans cet entretien, elle revendiquait une proximité intellectuelle et émotionnelle avec des amis plus âgés, affirmant partager leurs goûts, leurs références et leur vision du monde. Pour elle, cette nostalgie n’a rien d’une posture : c’est un ancrage assumé, presque identitaire. Elle n’hésitait pas à déclarer que « tout était mieux avant », décrivant une époque actuelle qu’elle juge anxiogène, dure et profondément déstabilisante.
Une critique frontale d’une société gouvernée par la peur

C’est sans doute sur le terrain social que ses mots ont le plus choqué. Mathilde Seigner dénonçait une société qu’elle estime pilotée par l’angoisse permanente, évoquant une accumulation de peurs — sanitaires, sécuritaires, géopolitiques — utilisées comme leviers de contrôle. À ses yeux, les citoyens seraient progressivement réduits à l’état de pions, ballotés par des injonctions contradictoires et privés de leur esprit de rébellion.
« Des Français devenus soumis » : une phrase qui dérange encore
La sentence avait fait l’effet d’une gifle médiatique. En affirmant qu’elle trouvait les Français « soumis » alors qu’elle les avait toujours imaginés indociles, l’actrice touchait à un mythe national profondément ancré. Derrière la provocation, elle exprimait surtout une immense désillusion : celle de voir s’éroder un esprit critique qu’elle croyait constitutif de l’identité française. Une déclaration brutale, mais qu’elle assumait sans détour.
Loin d’un discours déconnecté, Mathilde Seigner rappelait aussi sa conscience des réalités économiques. Se décrivant elle-même comme privilégiée, elle confiait pourtant ressentir l’inflation et s’interroger sincèrement sur le sort de ceux qui peinent à se chauffer ou à boucler leurs fins de mois. Une inquiétude sociale qui venait nuancer l’image d’une actrice simplement nostalgique, en révélant une sensibilité réelle aux fractures contemporaines.










