La différence d’éducation entre sa fille et ses fils l’a marqué. Avec Théa, la relation était plus posée, presque complice. Avec deux jeunes garçons, le rythme s’est accéléré, l’organisation aussi. Mais il veille sur eux avec la même intensité qu’il met dans sa musique, même si sa carrière parfois l’éloigne physiquement. Une culpabilité qu’il ne cache pas : « Je vis avec le sentiment constant que tous mes proches me manquent, même quand ils sont là. »

Nicola est aussi très présent dans la vie de Lou, la fille de son frère jumeau Stéphane, mort en 1999 des suites d’une hépatite C. Depuis ce drame, le chanteur s’est donné pour mission de protéger et accompagner sa nièce comme s’il s’agissait de sa propre fille. Un prolongement naturel de ce lien gémellaire intense qui unissait les deux frères. « Je sais que la mort ne prévient pas… Alors j’essaie de ne pas perdre de temps. »
Aujourd’hui, Nicola Sirkis est un père un peu débordé mais farouchement dévoué, un artiste éternellement amoureux de ses proches, habité par un sens profond du lien familial. Loin des feux tapageurs des people, il cultive une paternité à la fois rock, douce, chaotique et poétique, à l’image de ses chansons. Et dans l’ombre des projecteurs, ce sont sans doute ces rôles-là — de père, d’oncle, de guide — qui comptent le plus à ses yeux.
