Obtenir le permis de conduire relève parfois du parcours d’obstacles. Entre un taux de réussite qui plafonne et des délais d’attente interminables pour repasser l’épreuve, la pression s’accumule.

Face à ce constat, la Sécurité routière envisage aujourd’hui d’assouplir certaines règles de l’examen pratique, quitte à bousculer des principes bien établis. Depuis près de dix ans, le taux de réussite à l’épreuve pratique du permis de conduire reste bloqué sous la barre des 60 %. Un chiffre qui traduit à la fois la difficulté de l’examen et la saturation du système, notamment en raison du manque de places disponibles. Dans certains départements, les candidats recalés doivent patienter plusieurs mois avant de pouvoir retenter leur chance.
Une gérante d’auto-école confie ainsi que l’attente entre deux passages peut atteindre huit mois. Ce délai, souvent vécu comme une injustice, nourrit un sentiment de découragement chez de nombreux élèves. Moins d’échecs signifierait mécaniquement moins de demandes de repassage, allégeant ainsi la pression sur les plannings déjà surchargés des inspecteurs.
Vers la fin de certaines fautes éliminatoires automatiques ?

Parmi les pistes explorées figure la remise en question de certaines fautes dites « éliminatoires ». Aujourd’hui, une seule erreur grave peut entraîner un échec immédiat, même si le reste de la prestation est satisfaisant. Or, selon des données relayées par la presse nationale, 93 % des échecs comporteraient au moins une faute éliminatoire, ce qui en fait un levier central de la réflexion en cours.
Un groupe de travail réunissant représentants de l’administration, syndicats d’inspecteurs et organisations professionnelles planche sur un éventuel assouplissement. L’objectif serait de s’aligner davantage sur une directive européenne mettant l’accent sur la notion de « danger immédiat ». Autrement dit, seules les erreurs créant un risque concret et instantané pour les passagers ou les autres usagers seraient véritablement rédhibitoires.
Le cas sensible du « stop glissé »

Dans ce nouveau cadre, certaines infractions pourraient être requalifiées. Un arrêt insuffisamment marqué à un stop, un feu mal anticipé ou un refus de priorité sans conséquence réelle ne seraient plus automatiquement synonymes d’échec. L’inspecteur disposerait alors d’une marge d’appréciation plus large, évaluant la dangerosité réelle de la situation plutôt que l’erreur en elle-même.
Actuellement, le non-respect d’un stop ou d’un feu rouge figure parmi les fautes éliminatoires les plus fréquentes. D’autres comportements sont également visés : heurter un trottoir brutalement, négliger les contrôles des angles morts, mal gérer les distances de sécurité ou encore abuser de sa priorité. La grille d’évaluation comprend plus de trente situations susceptibles d’entraîner un « E » pour éliminatoire, bien au-delà des cinq prévues initialement par un arrêté de 2010. Cette accumulation de cas rédhibitoires alimente le débat sur la sévérité du dispositif actuel.










