En pleine effervescence politique à Paris, une annonce judiciaire vient percuter de front la campagne municipale.

La convocation prochaine de Sophia Chikirou devant le tribunal correctionnel introduit une dimension sensible dans une course électorale déjà tendue. Entre accusations anciennes, stratégie de défense et calendrier contesté, l’affaire s’invite au cœur du débat public.
La députée parisienne Sophia Chikirou comparaîtra le 12 mai prochain devant la justice pour des faits qualifiés d’« escroquerie » au préjudice du site d’actualité Le Média. L’information, confirmée par l’AFP le dimanche 4 janvier 2026, survient alors que la campagne des élections municipales bat son plein dans la capitale. Un calendrier qui ne manque pas d’alimenter les soupçons et les débats.
Une échéance judiciaire au timing contesté

Le procès interviendra à peine deux mois après le scrutin municipal de mars 2026, un rendez-vous électoral particulièrement scruté à Paris. Pour la cheffe de file de La France insoumise dans la capitale, cette convocation judiciaire ajoute une pression supplémentaire à une campagne déjà fortement politisée, où chaque prise de position est disséquée et amplifiée.
La défense dénonce une « décision politique »
L’avocat de la députée, Dominique Tricaud, n’a pas tardé à réagir. Il dénonce une procédure qui s’étirerait depuis près de dix ans et dont l’activation actuelle relèverait d’un choix stratégique du parquet. Selon lui, la tenue du procès en pleine période électorale viserait avant tout à fragiliser sa cliente et à perturber sa campagne. Une lecture fermement rejetée par l’accusation, mais largement reprise dans le camp de la défense.
Un différend commercial, selon Sophia Chikirou

De son côté, Sophia Chikirou conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme qu’il s’agissait, à l’origine, d’un simple différend commercial datant de 2018 et réglé depuis longtemps. Une version qu’elle maintient depuis le début de l’affaire, assurant n’avoir jamais cherché à tirer un avantage personnel illégitime de sa fonction au sein du média concerné.
Des faits anciens au cœur du dossier
L’affaire trouve ses racines à l’été 2018, période durant laquelle Sophia Chikirou dirigeait le site Le Média, proche idéologiquement de LFI. Après son départ, d’anciens collaborateurs l’avaient accusée d’avoir emporté du matériel appartenant à la structure et d’avoir tenté d’obtenir le versement de sommes à destination de sa société de communication. Ces éléments constituent aujourd’hui le socle du dossier examiné par la justice.
Un parcours déjà marqué par une autre mise en examen

Ce nouveau procès s’inscrit dans un parcours judiciaire déjà ponctué d’épisodes sensibles. À l’été 2024, Sophia Chikirou avait été mise en examen pour « escroquerie aggravée » dans le cadre de l’enquête sur les comptes de campagne présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon. Là encore, elle conteste les faits et dénonce une instrumentalisation politique de la justice.
Une figure politique coutumière des polémiques
Au-delà du terrain judiciaire, la députée insoumise s’est régulièrement retrouvée au centre de controverses médiatiques. Certaines de ses prises de position, notamment sur la Chine ou ses propos comparant Fabien Roussel à Jacques Doriot, ont suscité de vives réactions, y compris au sein de la gauche. Des déclarations qui ont contribué à forger une image clivante.









