Figure incontournable de la pop internationale depuis le début des années 2000, Mika continue de surprendre par sa capacité à se réinventer. Invité sur le plateau de C à vous, l’artiste a livré un témoignage intime sur son parcours, sa créativité et le sens profond de son nouvel album, Hyper Love.

Révélé au grand public avec Life in Cartoon Motion, Mika s’est rapidement imposé comme une personnalité singulière de la scène musicale. Son univers flamboyant, coloré et profondément personnel a marqué toute une génération, mêlant légèreté apparente et profondeur émotionnelle. Album après album, le chanteur a su évoluer sans jamais renier cette signature artistique qui fait de lui une figure à part dans le paysage pop.
Sur le plateau de C à vous, un artiste à la veille d’un moment crucial

Invité le 22 janvier sur France 5, Mika apparaît à la fois enthousiaste et fébrile. Anne-Élisabeth Lemoine le présente comme « le plus français des artistes anglophones », soulignant l’attachement particulier du chanteur au public hexagonal. À quelques heures de la sortie mondiale de Hyper Love, l’émotion est palpable chez l’artiste, qui confie avoir consacré deux ans et demi à ce projet.
Dans un moment de spontanéité, il lâche avec humour qu’il a « vraiment faim » et qu’il espère pouvoir manger des pâtes à la sauce, « le plat qu’il voudrait manger avant de mourir ». Une remarque légère, mais qui traduit la tension d’un créateur au seuil d’un tournant important.
Hyper Love, un album qui interroge notre époque saturée
Ce qu’il propose avec Hyper Love dépasse le simple cadre musical. L’album questionne frontalement notre rapport aux émotions dans une société dominée par l’excès, qu’il s’agisse d’hyperconnexion, d’hyperconsommation ou d’hyperinformation. Dans ce monde qu’il qualifie « d’XXL », Mika se demande s’il reste encore une place réelle pour les sentiments.
Le titre même du disque résume cette tension : aimer dans un univers où tout semble démesuré, rapide et souvent superficiel.
Technologie et anesthésie émotionnelle

La discussion prend une dimension plus philosophique lorsque l’animatrice évoque le caractère presque chaplinesque de cette réflexion. Mika reconnaît que la technologie moderne peut parfois engourdir notre capacité à ressentir, nous poussant à comparer en permanence nos vies à des modèles idéalisés.
Selon lui, cette comparaison constante crée une perte de repères, un glissement progressif vers une standardisation des désirs et des émotions. « Tout s’achète, tout se vaut », résume-t-il, décrivant une société où l’authenticité devient difficile à préserver.
Une introspection née à l’aube de la quarantaine
Le projet Hyper Love est né à un moment charnière de sa vie. À 40 ans, Mika confie s’être posé une question essentielle : « c’est mon âme, comment va mon âme ? ». Cette interrogation existentielle a servi de moteur à toute la création de l’album, transformant le travail artistique en véritable exploration intérieure.
Il parle d’une « électricité fragile », cette énergie intime qu’il faut parfois aller chercher profondément pour continuer à créer, aimer et se sentir vivant.
Au fil de l’échange, une idée revient avec insistance : la nécessité de protéger son identité. Pour Mika, l’enjeu n’est pas seulement musical, il est humain, presque vital. Dans un univers où les codes se répètent et où l’image prime souvent sur le fond, il revendique le droit à la singularité et à la lenteur.










