Un retour calculé, un héritage revendiqué et une stratégie assumée : Marion Maréchal refait surface avec un projet hautement symbolique.

À 36 ans, la nièce de Marine Le Pen choisit l’arme du livre pour renouer avec son histoire personnelle et tenter de reprendre pied dans un paysage politique fragmenté, à l’approche d’échéances décisives.
À la fin de l’année, l’annonce avait filtré, avant d’être officiellement confirmée. Marion Maréchal publiera son premier livre le 28 janvier prochain aux éditions Fayard. L’ouvrage s’intitulera Si tu te sens Le Pen, un choix qui résonne comme une provocation autant qu’une confession. À travers ce titre, l’ancienne députée assume frontalement le poids d’un patronyme indissociable de l’extrême droite française, tout en laissant entendre un cheminement intime et politique.
L’ombre persistante de Jean-Marie Le Pen

Dans les premières lignes dévoilées sur les réseaux sociaux, Marion Maréchal évoque une phrase fondatrice, sans nommer explicitement son auteur. Tout laisse toutefois penser qu’il s’agit de son grand-père, Jean-Marie Le Pen. Elle décrit un homme rompu aux joutes politiques, capable de provoquer pour susciter l’engagement, et revendique une filiation idéologique nourrie par le sentiment du devoir envers la nation. Ce lien revendiqué, un an après la disparition du patriarche, marque une volonté claire de réappropriation de l’héritage familial.
Se raconter pour mieux se repositionner
Ce livre, aux allures d’autobiographie politique, intervient dans un contexte personnel et stratégique particulier. Marion Maréchal semble vouloir reprendre la main sur un récit souvent écrit sans elle, au sein d’une famille minée par les divisions publiques. Mariée à Vincenzo Sofo, elle évolue aujourd’hui principalement à Bruxelles, où elle occupe un poste clé au Parlement européen, loin des turbulences parisiennes, mais sans jamais rompre totalement avec elles.
Une figure européenne, une ambition nationale

À Bruxelles, Marion Maréchal est vice-présidente du groupe national-conservateur ECR, tout en cultivant une proximité politique avec la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni. Cette stature européenne contraste avec ses difficultés à exister durablement sur la scène nationale, où son retour reste entravé par de multiples rivalités.
Des relations toujours tendues avec le Rassemblement national
Sur le plan hexagonal, les rapports avec Rassemblement national demeurent complexes. Les tensions avec sa tante, Marine Le Pen, se sont cristallisées autour de l’hostilité affichée par Jordan Bardella. Cette fracture interne fragilise toute tentative de rassemblement, alors même que Marion Maréchal plaide publiquement pour une union des droites à l’approche de la présidentielle.
Une concurrence idéologique accrue
À ces obstacles s’ajoute la présence d’autres figures sur le même créneau politique. La concurrence d’Éric Ciotti, jugé proche des thèses lepénistes sur les questions sécuritaires et ultralibérales, complique davantage son positionnement. Son passage par l’entourage d’Éric Zemmour** reste également un marqueur controversé, qui continue de susciter méfiance et critiques.










