La controverse ne porte donc pas uniquement sur le contenu de sa proposition. Elle alimente également un débat plus général sur la cohérence entre le discours tenu par certains responsables politiques et les ressources financières attachées à leur mandat. Plusieurs publications ont ainsi diffusé des chiffres concernant les sommes perçues par Manon Aubry depuis son entrée au Parlement européen.
Ce que perçoit réellement un député européen
Manon Aubry siège au Parlement européen depuis le 2 juillet 2019. Réélue lors du scrutin européen de juin 2024, elle a commencé un second mandat le mois suivant. Comme les autres eurodéputés, elle bénéficie de la rémunération commune prévue par le statut des membres du Parlement européen, indépendamment de son parti ou de sa nationalité.
En 2026, la rémunération mensuelle brute d’un député européen s’élève à 11 255,26 euros avant impôt, selon les informations publiées par le Parlement. Cette somme est soumise à un impôt européen ainsi qu’à différentes cotisations. Certains États membres peuvent également appliquer une fiscalité nationale complémentaire, à condition d’éviter une double imposition. Parlement européen
L’affirmation selon laquelle Manon Aubry toucherait personnellement plus de 12 000 euros nets par mois ne correspond donc pas au salaire officiel versé aux eurodéputés. Ce chiffre paraît additionner la rémunération de l’élue à certaines allocations professionnelles, alors que celles-ci ne constituent pas toutes un revenu disponible pouvant être librement utilisé à titre privé.
Il n’est pas davantage possible de présenter 785 000 euros comme un total net incontestable perçu entre 2019 et 2024 sans détailler la méthode de calcul, les montants annuels successifs, les prélèvements appliqués et la différence entre salaire et frais de mandat. La rémunération des parlementaires a évolué au cours de cette période et ne peut être reconstituée rigoureusement à partir d’un simple montant mensuel actuel.
Des frais de mandat distincts du salaire personnel
En plus de leur rémunération, les députés européens disposent d’une allocation destinée aux dépenses générales liées à l’exercice de leur fonction. Elle peut notamment couvrir la location et le fonctionnement d’une permanence, le matériel informatique, les fournitures, les communications ou certaines activités organisées dans leur circonscription.
Cette allocation mensuelle ne doit pas être confondue avec le salaire de l’élu. Il s’agit de frais professionnels financés par le budget du Parlement européen, selon des règles communes à l’ensemble de ses membres. Présenter automatiquement cette enveloppe comme un revenu net personnel conduit donc à additionner des catégories financières dont la finalité n’est pas identique.


