La rumeur enfle et inquiète. Depuis quelques jours, une partie des Français retire massivement son argent du livret A, redoutant une saisie de l’État pour financer la dette ou les dépenses publiques. Mais cette crainte, largement relayée sur les réseaux sociaux, repose sur une fausse information.
À l’approche du vote de confiance annoncé par François Bayrou le 8 septembre, les réseaux sociaux bruissent de messages alarmistes. Certains internautes appellent à vider leur livret A, convaincus que le gouvernement pourrait y puiser pour combler ses déficits. « Enlevez l’argent avant que Macron et Bayrou prennent tout », écrit une utilisatrice, tandis qu’une autre affirme redouter de voir ses 3 500 euros « partir financer les dettes et les guerres ».
Une rumeur infondée mais tenace
Malgré son succès viral, cette peur ne repose sur aucune base légale. Le livret A reste un produit d’épargne réglementé et garanti par l’État. Les dépôts, centralisés par la Caisse des dépôts, servent principalement à financer le logement social et à prêter aux collectivités locales.
« Ni le président, ni le gouvernement ne peuvent confisquer les fonds déposés », rappelle Midi Libre. La dette publique ou les dépenses militaires ne peuvent en aucun cas être financées avec ces épargnes.
Un choix financier risqué pour les épargnants
Retirer son argent du livret A revient en réalité à perdre les avantages de ce placement sécurisé. Depuis le 1er août 2025, son taux est passé à 1,7 %, mais il continue de rapporter davantage qu’un compte courant, où l’argent reste inactif. Plusieurs familles, comme Jenny, 43 ans, disent avoir vidé leurs livrets par peur, au détriment de leurs intérêts : « J’ai retiré l’épargne de mes enfants, je préfère qu’elle dorme sur mon compte. » Une décision émotionnelle mais financièrement défavorable.
Quelles alternatives pour les inquiets ?
Pour ceux qui souhaitent diversifier leurs économies, des solutions existent : assurance vie, plan d’épargne logement (PEL) ou autres produits à taux garantis. Mais contrairement au livret A, ces placements imposent des contraintes de durée et de disponibilité des fonds. En clair, garder son argent sur le livret A reste aujourd’hui l’option la plus simple, sûre et protégée légalement.