Une nouvelle scène de chaos s’est jouée à Lyon. Hier, au centre commercial de la Part-Dieu, trois individus ont semé la panique en s’en prenant à un agent de sécurité avec des mortiers d’artifice. L’incident, rapidement maîtrisé par la police, relance le débat sur l’usage croissant de ces engins pyrotechniques.
Selon BFMTV, les faits se sont produits en plein après-midi. L’un des assaillants, descendu au rez-de-chaussée, a tiré en direction de l’agent de sécurité, tandis que ses complices, restés au troisième étage, filmaient la scène. La victime a été légèrement blessée, mais les détonations ont surtout provoqué un mouvement de foule impressionnant parmi les clients. La préfète de région a indiqué que les forces de l’ordre, déjà présentes sur place, avaient rapidement sécurisé les lieux. Un suspect a été interpellé.
Les mortiers d’artifice, une menace en expansion
L’incident intervient dans un contexte de forte recrudescence de l’usage des mortiers d’artifice. Entre 2022 et 2024, leur utilisation a augmenté de 150 %, transformant ces dispositifs festifs en véritables armes. Souvent utilisés contre les forces de l’ordre, ils sont désormais qualifiés par les autorités d’« armes de barbares ».
Un projet de loi répressif en préparation
Face à ce phénomène, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a confirmé début juillet la présentation d’un projet de loi dès la rentrée. Le texte prévoit de lourdes sanctions :
Un an de prison pour la vente à un non-professionnel (trois ans si la vente concerne un mineur ou s’effectue en ligne).
PUBLICITÉ:Jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour l’achat, la détention ou l’usage de mortiers visant à provoquer des dégradations.
Les préfets pourront également fermer plus facilement les commerces revendant ces produits, et la plateforme Pharos sera dotée d’un pouvoir de blocage des sites illégaux.
Une réponse nationale et européenne
Lors du dernier conseil « Justice et affaires intérieures » à Bruxelles, Bruno Retailleau a proposé une harmonisation européenne pour interdire certains mortiers, majoritairement importés de Chine avant de transiter par la Pologne ou la République tchèque. Pour lui, toutefois, ces engins ne sont que la face émergée d’un problème plus profond. « Les mortiers sont une conséquence, pas une cause des violences », a-t-il rappelé, appelant à s’attaquer aux “guérillas urbaines” à la racine.