À l’approche du procès en appel, la défense de Cédric Jubillar déplace le débat sur un terrain inattendu : celui des conditions de détention.

Son avocat dénonce un isolement prolongé qu’il assimile à une atteinte grave aux droits fondamentaux, tandis que l’administration pénitentiaire conteste fermement ces accusations.
Le nouvel avocat de Cédric Jubillar, Pierre Debuisson, affirme avoir saisi plusieurs responsables judiciaires par écrit. Des lettres ont été adressées à l’avocat général, à la présidente de la cour d’assises de Toulouse ainsi qu’au directeur de la maison d’arrêt de Seysses. Il y dénonce une « atteinte extrêmement grave aux droits » de son client, placé à l’isolement depuis plus de quatre ans.
Selon lui, cette situation aurait entraîné une dégradation marquée de l’état physique et psychologique du détenu, à quelques mois de son procès en appel.
Une « torture moderne » selon la défense

Invité sur BFMTV, Me Debuisson a qualifié ces conditions de « torture moderne ». Il évoque notamment une absence de sommeil provoquée par les cris d’autres détenus et par une lumière qu’il juge quasi permanente. L’avocat affirme que son client n’aurait pas connu l’obscurité depuis des années, ce qui contribuerait à son épuisement.
L’administration pénitentiaire conteste cette version. Elle précise que l’éclairage extérieur, nécessaire à la sécurité, peut gêner, mais que la lumière n’est pas allumée en continu dans la cellule. Des veilleuses seraient seulement activées lors des rondes nocturnes.
Fouilles, isolement et suivi médical contestés
Me Debuisson dénonce également des fouilles à nu fréquentes, un isolement qu’il qualifie de « cognitif, psychologique et social », ainsi qu’un manque de suivi médical et des conditions d’hygiène dégradées. Il estime que ces pratiques « piétinent les principes fondamentaux du droit ».
De son côté, l’administration affirme que le régime de fouilles appliqué est identique à celui des autres détenus et que le suivi médical est assuré de manière régulière, sous le contrôle du personnel soignant et dans le respect du secret médical.
La question sensible de la confidentialité avec l’avocat

Un autre point soulevé par la défense concerne la confidentialité des échanges. Me Debuisson affirme qu’un surveillant aurait évoqué auprès de son client des éléments issus d’un entretien confidentiel tenu au parloir. Un fait qu’il qualifie de « gravissime » et contraire aux droits de la défense.
L’administration pénitentiaire réfute catégoriquement cette accusation. Elle assure que les parloirs avocats ne sont équipés d’aucun dispositif d’écoute et qu’il est techniquement impossible d’entendre les conversations qui s’y tiennent.
Une menace de boycott du procès en appel
Estimant qu’il lui est impossible de préparer correctement la défense dans ces conditions, l’avocat menace de ne pas se rendre au procès en appel, tout comme son client. Il réclame le transfert de Cédric Jubillar vers un quartier dit « vulnérable », jugé plus adapté.
L’administration, pour sa part, justifie le maintien à l’isolement par des impératifs de sécurité. Elle affirme que cette mesure serait la seule capable de garantir l’intégrité du détenu, en raison des menaces liées à la médiatisation de l’affaire.









