Commissariats délabrés, effectifs jugés insuffisants, sentiment d’abandon : le malaise policier refait surface.

Le syndicat Alliance appelle à une mobilisation nationale le 31 janvier pour alerter sur des conditions de travail devenues, selon lui, indignes. Une colère ancienne qui trouve aujourd’hui un nouvel écho public.
Le syndicat Alliance Police nationale, majoritaire dans la profession, appelle les agents à se rassembler ce samedi 31 janvier dans plusieurs villes de France. L’objectif affiché est clair : dénoncer le manque de moyens humains et matériels, ainsi que l’état de certains commissariats jugé préoccupant. Le mouvement, coordonné à l’échelle nationale, doit débuter à 11 heures.
Des images qui illustrent un quotidien dégradé

Pour appuyer son appel, le syndicat a diffusé sur les réseaux sociaux une série de photographies prises dans différents commissariats, notamment en Île-de-France. Toilettes dégradées, sols abîmés, fils électriques apparents, douches sales : ces clichés visent à rendre visible un malaise longtemps dénoncé en interne. Selon les représentants syndicaux, ces situations ne seraient pas isolées mais révélatrices d’un problème plus large.
Un sentiment d’insécurité et d’impuissance opérationnelle
Au-delà des locaux, les policiers pointent aussi le manque d’effectifs face à une délinquance perçue comme croissante. Les délais d’intervention, les patrouilles en sous-effectif et la pression constante sur le terrain alimentent un profond ras-le-bol. Beaucoup d’agents estiment ne plus disposer des moyens nécessaires pour remplir efficacement leurs missions, en particulier lors d’interventions urgentes.
Des efforts budgétaires jugés insuffisants

Des spécialistes des questions de sécurité intérieure rappellent que des investissements ont bien été engagés ces dernières années, notamment pour le renouvellement des véhicules et la rénovation de certains bâtiments. Mais ces efforts partent d’une situation initiale très dégradée, ce qui limite leur impact visible sur le quotidien des policiers. Le décalage entre annonces budgétaires et réalité de terrain nourrit l’amertume.
Une action prévue aussi devant l’Assemblée nationale
En amont de la mobilisation, quelques membres du syndicat prévoient une action devant l’Assemblée nationale pour sensibiliser les députés. Des tracts doivent être distribués afin d’inviter les élus à prendre la mesure du malaise. L’objectif est de transformer cette mobilisation en signal politique fort, au-delà de la seule sphère policière.










