Pourtant, dans certaines régions de l’Atlantique Nord, les scientifiques observent depuis une vingtaine d’années une relation particulièrement intrigante entre les orques et les globicéphales noirs.
Ces derniers sont des mammifères marins plus petits, qui évoluent eux aussi au sein de groupes sociaux très soudés. Leur réaction lorsqu’ils détectent des orques est d’ailleurs surprenante.
Une étude dirigée en 2012 par la spécialiste en bioacoustique marine Charlotte Curé avait montré que des globicéphales entendant les vocalisations d’orques en train de se nourrir ne cherchaient pas nécessairement à s’éloigner.
Au contraire, les animaux pouvaient modifier leur trajectoire pour se diriger ensemble vers la source des sons. Un comportement inhabituel lorsqu’on sait que les vocalisations provenaient d’un prédateur majeur.
Les globicéphales se rapprochent, les orques prennent leurs distances
D’autres observations sont venues rendre cette relation encore plus mystérieuse. Lorsque des globicéphales approchent, certaines orques préfèrent quitter les lieux, parfois avant même une rencontre directe.
Des travaux publiés en 2019 ont également montré que les globicéphales étaient capables d’identifier les sons produits par les orques. Après les avoir détectés, ils peuvent interrompre leur alimentation, resserrer leur groupe et plonger davantage, tout en se dirigeant vers la zone d’où proviennent les vocalisations.

