Chaque année, des dizaines de milliers de personnes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer colorectal.

Pourtant, lorsqu’il est détecté suffisamment tôt, ce cancer peut être guéri dans une immense majorité des cas. Le témoignage de Dolores Thorel illustre à quel point le dépistage précoce peut changer le destin des patients.
En France, près de 50 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année. Avec environ 17 000 décès annuels, il s’agit du deuxième cancer le plus meurtrier après le cancer du poumon.
Pourtant, les spécialistes rappellent que cette maladie peut être soignée dans près de 90 % des cas lorsqu’elle est détectée à un stade précoce. Le problème vient souvent du fait que les premiers symptômes passent inaperçus ou sont négligés.
Ce cancer appartient à la famille du Cancer colorectal, qui se développe dans le côlon ou le rectum à partir de petites lésions appelées polypes.
« On m’a diagnostiqué un cancer de stade 4 »

À 58 ans, Dolores Thorel se souvient encore du jour où tout a basculé. En 2021, alors qu’elle tente simplement de monter dans sa voiture, elle se rend compte qu’elle n’arrive plus à lever la jambe.
Inquiète, sa fille l’emmène immédiatement aux urgences. Les médecins découvrent alors qu’elle souffre d’une occlusion intestinale. Lors de l’opération, le diagnostic tombe : un cancer du côlon au stade 4.
Avec le recul, Dolores réalise qu’elle avait déjà ressenti plusieurs signes d’alerte : douleurs abdominales, diarrhées répétées et vomissements. Mais en pleine période difficile de sa vie personnelle, elle n’y avait pas prêté suffisamment attention.
Un combat médical éprouvant
Après le diagnostic, commence un long parcours de soins. Dolores enchaîne les opérations chirurgicales et les séances de chimiothérapie afin de tenter de contrôler la maladie.
L’une des étapes les plus difficiles reste la mise en place d’une stomie. Cette intervention consiste à créer une ouverture dans le côlon afin de permettre l’évacuation des selles dans une poche externe lorsque le transit intestinal normal n’est plus possible.

Pour Dolores, cette transformation du quotidien a été particulièrement éprouvante. Chaque sortie nécessite du matériel spécifique et une vigilance permanente, notamment pour gérer la poche et éviter les complications.
Elle décrit une réalité souvent méconnue du grand public, qui peut profondément bouleverser la vie sociale et l’intimité des patients.
L’importance cruciale du dépistage
Si Dolores a choisi de témoigner publiquement, c’est surtout pour encourager le dépistage. Les autorités sanitaires recommandent un test tous les deux ans pour les hommes et les femmes âgés de 50 à 74 ans.
Ce test, simple et gratuit, peut être obtenu en pharmacie après réception d’un courrier envoyé par l’Assurance Maladie.
Il permet de détecter la présence de sang invisible dans les selles, un signe possible de polypes ou de cancer.
Selon le médecin Ahmed Benhammouda, président du comité de Seine-Maritime de la Ligue contre le cancer, la majorité des cancers du côlon se développent à partir de polypes bénins. Lorsqu’ils sont détectés à temps, ces polypes peuvent être retirés avant qu’ils ne deviennent cancéreux.










