Dans l’examen houleux du budget 2026, un amendement a cristallisé les tensions politiques. En faisant supprimer la surprime destinée à financer les dégâts des émeutes, le Rassemblement national revendique une victoire symbolique.

Une décision qui relance le débat sur la responsabilité financière des violences urbaines et sur les outils budgétaires du gouvernement. Le Rassemblement national a obtenu l’adoption d’un amendement supprimant la surprime dite « émeutes », surnommée par ses opposants la « taxe Nahel ». Cette mesure, intégrée au projet de Budget 2026, devait entraîner une hausse de 2 à 2,5 % des primes d’assurance habitation afin de financer un fonds de réparation des dégradations causées lors des violences urbaines.
Une facture jugée injuste pour les assurés

Pour le RN, le principe même de cette taxe posait un problème de fond. Faire payer l’ensemble des assurés pour des destructions commises par une minorité est présenté comme une injustice sociale, le parti martelant que « ce n’est pas aux contribuables de payer, mais aux casseurs ». Un argument qui a trouvé un écho favorable lors des discussions parlementaires, conduisant à la suppression de la surprime en commission.
Le coût des émeutes au cœur du débat
Les chiffres avancés par les défenseurs de l’amendement illustrent l’ampleur du sujet. Les émeutes survenues après la mort de Nahel ont généré près de 793 millions d’euros de dégâts, soit un montant quatre fois supérieur à celui des violences urbaines de 2005. Ces données alimentent une inquiétude croissante sur la soutenabilité financière d’un tel mécanisme de solidarité imposée.
La Nouvelle-Calédonie, un précédent alarmant

Au-delà de la métropole, les violences enregistrées en Nouvelle-Calédonie en 2024 ont encore alourdi le constat. Les dégâts y sont estimés à environ 923 millions d’euros, un niveau inédit qui renforce les interrogations sur la capacité de l’État à absorber, année après année, le coût des crises sociales et politiques.
Une victoire politique encore fragile
Si le RN se félicite d’un « point marqué » dans la bataille budgétaire, rien n’est définitivement acquis. Le gouvernement conserve la possibilité de recourir à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote, y compris en rétablissant la surprime supprimée en commission. Une perspective qui maintient la pression et promet de nouveaux affrontements politiques.










