Le football français est une nouvelle fois frappé par le deuil. À peine remis de la disparition de Jean-Louis Gasset, le monde du ballon rond a appris ce lundi la mort de Rolland Courbis. Figure populaire, entraîneur respecté et voix familière des médias, l’homme laisse derrière lui un héritage sportif et humain considérable.

C’est une nouvelle que personne n’était prêt à entendre. Rolland Courbis s’est éteint à l’âge de 72 ans, un peu plus de deux semaines après la disparition de Jean-Louis Gasset. Ce double coup du sort plonge le football français dans une profonde tristesse. Natif de Marseille, Courbis incarnait une certaine idée du football, populaire, passionnée et sans détour, qui parlait autant aux joueurs qu’aux supporters.
Avant de devenir entraîneur, Rolland Courbis a d’abord connu une longue carrière de joueur. Défenseur central durant quatorze saisons, il a porté les couleurs de clubs prestigieux, parmi lesquels Olympique de Marseille, l’AC Ajaccio, l’Olympiacos, Sochaux, Monaco ou encore Toulon. Formé sur la Canebière, il a notamment participé au doublé historique championnat-Coupe de la saison 1971-1972 avec l’OM, un souvenir indélébile pour le peuple olympien.
L’épanouissement sur les bancs de touche

C’est pourtant comme entraîneur que Rolland Courbis s’est pleinement révélé. Reconnu pour son leadership, son sens du vestiaire et son franc-parler, il a dirigé plusieurs grands clubs français, dont les Girondins de Bordeaux, le RC Lens, Toulouse, Rennes ou encore Montpellier. Sa capacité à fédérer et à tirer le meilleur de ses joueurs lui a valu un respect durable dans le milieu, bien au-delà des résultats bruts.
Le Montpellier HSC a été l’un des clubs les plus touchés par cette disparition. Déjà endeuillée par la perte de Jean-Louis Gasset, la Paillade a rendu un hommage appuyé à celui qui l’a entraînée à deux reprises. Courbis restera à jamais l’homme qui a ramené le MHSC dans l’élite en mai 2009, un exploit encore gravé dans la mémoire des supporters. Le club a salué un entraîneur marquant et un homme profondément attaché au football.
Un match entré dans la légende

L’histoire retiendra aussi ce match fou de la saison 1998-1999. Mené 4-0 à la pause par le Montpellier de Jean-Louis Gasset, l’OM de Rolland Courbis avait signé une remontée spectaculaire pour s’imposer 5-4. Un scénario irréel devenu l’un des plus grands matches de l’histoire de la Ligue 1, symbole d’un football imprévisible et passionnel que Courbis affectionnait tant.
Pour l’OM, la disparition de Rolland Courbis revêt une dimension particulière. Le club phocéen a salué la mémoire d’une figure emblématique de son histoire, rappelant son retour sur le banc marseillais à la fin des années 1990 et son rôle dans la finale de la Coupe UEFA 1999. Courbis, c’était un accent, une voix, une passion débordante, mais aussi celui qui avait donné le surnom « Zizou » à Zinedine Zidane, preuve de son flair et de son influence.
Une reconnaissance unanime des clubs français

Au-delà de Marseille et Montpellier, de nombreux clubs ont tenu à rendre hommage à Rolland Courbis. Lyon, Dunkerque ou encore le Paris Saint-Germain ont salué la mémoire d’un entraîneur passionné et respecté, capable de susciter l’estime même chez ses anciens adversaires. Une unanimité rare, reflet de l’homme qu’il était.
La Ligue de Football Professionnel a également publié un long message rappelant l’ampleur de son parcours, aussi bien comme joueur que comme entraîneur. Son palmarès, ses passages marquants sur les bancs et sa contribution à la notoriété du football français y sont largement soulignés, tout comme sa capacité à transmettre.
Une seconde vie réussie dans les médias
Après les terrains, Rolland Courbis avait trouvé une nouvelle voie dans les médias. Consultant apprécié sur RMC dès 2005, puis visage familier de L’Équipe du Soir à partir de 2024, il s’était imposé par la justesse de ses analyses et sa parole libre, sans jamais sombrer dans la provocation gratuite. Son ton, reconnaissable entre mille, faisait partie du paysage audiovisuel français.
Parmi les nombreuses réactions, celle de Luis Fernandez résume l’émotion générale. Ancien partenaire et compagnon d’antenne, il a évoqué un homme attachant, respectueux et profondément humain, doté d’une connaissance rare du jeu. Pour beaucoup, Courbis était bien plus qu’un technicien : il était un passeur, un raconteur de football, un homme de liens.










