Un symbole industriel s’apprête à disparaître en Haute-Savoie. À Argonay, tout près du siège historique de Maped, la dernière usine française du groupe va cesser son activité.

Une décision présentée comme stratégique, mais qui marque la fin d’une production emblématique sur le territoire national. Le groupe Maped a officialisé la fermeture de son usine d’Argonay, en Haute-Savoie. Il s’agissait du dernier site de production encore en activité en France pour le fabricant d’articles scolaires, connu notamment pour ses gommes et ses compas. Vingt-huit salariés travaillaient encore sur cette unité, située à proximité immédiate du siège social.
Selon les informations relayées par L’Usine Nouvelle, six employés devraient se voir proposer une mobilité interne, tandis que deux autres bénéficieraient d’un reclassement au sein de l’entreprise. Les vingt salariés restants seraient accompagnés dans le cadre d’un dispositif renforcé de soutien professionnel. La direction assure vouloir limiter au maximum l’impact humain de cette décision.
Une décision présentée comme inévitable

Dans un communiqué, Maped explique que cette fermeture intervient après plusieurs années d’efforts pour maintenir l’activité sur le site. L’entreprise estime que cette mesure est devenue indispensable pour préserver sa viabilité à long terme, dans un contexte de concurrence accrue et de transformation rapide du marché.
La production d’articles scolaires à Argonay sera arrêtée après une dernière phase anticipée de fabrication de gommes destinées à la prochaine rentrée. À partir du mois de mai, l’activité sera transférée vers d’autres unités, notamment celle que le groupe possède déjà en Chine.
Un contexte économique difficile

Fondée sous le nom de Manufacture d’articles de précision et de dessin, Maped a vu son chiffre d’affaires reculer ces dernières années. Il devrait atteindre environ 175 millions d’euros en 2025, contre plus de 200 millions en 2023. La société évoque la pression de la concurrence asiatique ainsi que l’évolution démographique comme facteurs déterminants dans cette contraction d’activité.
Des pertes financières importantes ont également fragilisé l’entreprise. En décembre dernier, son président Antoine Lacroix parlait déjà d’un « combat pour l’emploi », soulignant les défis structurels auxquels le groupe devait faire face. La fermeture d’Argonay s’inscrit ainsi dans une stratégie globale de réorganisation visant à restaurer la compétitivité.
Une nouvelle étape pour Maped
Avec 1 800 salariés dans le monde, dont un peu plus de 200 en France après cette fermeture, Maped entend poursuivre son développement international. La direction affirme vouloir concentrer ses ressources sur l’innovation et la transformation de ses catégories de produits, afin de rester un acteur majeur du secteur des fournitures scolaires.










