En pleine campagne municipale à Marseille, une nouvelle affaire judiciaire vient fragiliser Sébastien Delogu.

Le député insoumis est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des faits graves liés à la diffusion de documents privés volés. Un dossier sensible, aux ramifications politiques et internationales, qui pourrait peser lourdement sur son avenir public.
Selon les informations confirmées par le parquet, Sébastien Delogu, député des Bouches-du-Rhône et candidat aux municipales à Marseille, est convoqué le 9 juin prochain devant le tribunal correctionnel de la ville. Il devra répondre de recel de biens provenant d’un vol, de divulgation d’informations personnelles exposant autrui à un risque direct, ainsi que d’atteinte au secret des correspondances. Une triple qualification pénale qui intervient à un moment politiquement délicat pour l’élu.
Des documents privés au cœur des poursuites
Les faits reprochés portent sur la détention et la diffusion d’une pochette contenant des documents confidentiels appartenant à Isidore Aragones, dirigeant éphémère d’une entreprise de nettoyage marseillaise. Parmi ces pièces figurait notamment un échange par courriel avec un haut responsable de l’armée israélienne, relatif à l’organisation d’un déplacement officiel en Israël, ainsi que d’autres documents strictement personnels.
L’origine : un conflit social explosif

L’affaire trouve son origine le 19 septembre 2024, dans les locaux de l’entreprise Laser Propreté, alors en liquidation judiciaire. Ce jour-là, environ une centaine de militants syndicaux CGT investissent les bureaux, bloquant plusieurs heures Isidore Aragones, récemment nommé président du conseil d’administration. À l’issue de cette occupation, le dirigeant constate la disparition d’une pochette cartonnée renfermant des documents sensibles.
Une diffusion massive sur les réseaux sociaux
Cinq jours plus tard, coup de théâtre : Sébastien Delogu publie sur son compte Instagram, suivi par près de 95 000 abonnés, les documents volés. Il affirme alors que ces pièces lui ont été transmises par des « gens bienveillants ». Factures, correspondances privées, projets de voyages et éléments relatifs à des transactions immobilières sont exposés publiquement, la pochette dérobée apparaissant même brièvement dans une vidéo.
Une plainte pour mise en danger
Pour Isidore Aragones, la divulgation de ces informations, dans un contexte international extrêmement tendu, dépasse largement la simple atteinte à la vie privée. Le 2 octobre 2024, il dépose plainte. Une enquête préliminaire est ouverte quelques semaines plus tard pour vol, recel, atteinte au secret des correspondances et mise en danger par révélation d’informations personnelles en ligne.
Perquisitions et preuves matérielles
Les investigations conduisent les enquêteurs à perquisitionner, le 15 mai 2025, le domicile et la permanence parlementaire de Sébastien Delogu. Les services de la brigade financière extraient de son téléphone portable des photographies correspondant précisément aux documents dérobés, confirmant la détention et la diffusion du dossier complet.
La défense assumée du député

Face aux accusations, Sébastien Delogu maintient sa ligne. Il affirme avoir agi pour « contraindre la justice » à se saisir de faits présumés de détournements de fonds publics et de fraude à la Sécurité sociale. Selon lui, ses publications visaient à provoquer une enquête via un signalement au titre de l’article 40. Une justification que le parquet de Marseille a fermement nuancée.
Deux enquêtes distinctes selon le parquet
Le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, a précisé que l’enquête sur Laser Propreté, ouverte avant l’arrivée d’Isidore Aragones, est totalement distincte de la procédure visant le député. Les faits de recel et de divulgation reprochés à Sébastien Delogu ne sauraient donc être couverts par une prétendue démarche d’alerte judiciaire.
Un coup dur politique pour La France insoumise
Ce renvoi devant la 11ᵉ chambre correctionnelle constitue un revers majeur pour La France insoumise, dont plusieurs figures, dont Jean-Luc Mélenchon, avaient publiquement soutenu le député lors de sa garde à vue. En pleine campagne municipale, cette affaire risque de ternir durablement l’image de l’élu marseillais et d’alimenter les critiques sur ses méthodes.










