À Saint-Tropez, l’émotion populaire a largement compensé l’absence d’une partie du monde culturel. Pour les obsèques de Brigitte Bardot, des centaines d’anonymes, souvent accompagnés de leurs animaux, se sont rassemblés pour saluer une figure libre et clivante. Un hommage à l’image d’une vie hors normes.

Mercredi 7 janvier 2026, près d’un millier de personnes se sont réunies à Saint-Tropez pour suivre la retransmission de la cérémonie d’obsèques de Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre à l’âge de 91 ans des suites d’un cancer. Après la cérémonie, l’actrice a été inhumée au cimetière marin, face à La Madrague, sa maison mythique, où elle repose désormais aux côtés de son ancien mari Roger Vadim.
Une tombe rapidement devenue lieu de recueillement
À peine la sépulture scellée, la foule s’est pressée pour approcher l’endroit où repose l’icône. Un élan spontané, nourri par une affection intacte. Parmi les visiteurs, des chiens et leurs maîtres, symboles vivants du combat mené toute sa vie par Brigitte Bardot. « Ils sont plus légitimes que nous », confie Cathy sur RMC, venue avec Toumy, un malinois adopté à La Réunion. « J’avais 10 ans quand j’ai connu Brigitte, je suis végétarienne depuis », ajoute-t-elle, émue.
Les absents du cinéma français interrogent

Si les fans et les animaux étaient au rendez-vous, le monde du cinéma français a, lui, largement brillé par son absence. La chanteuse Mireille Mathieu, présente à Saint-Tropez, s’est dite surprise par ce vide. Hormis Pierre Arditi, aperçu dans l’église, peu de figures du grand écran ont rendu un dernier hommage à celle qui fut pourtant l’un des visages les plus célèbres du cinéma français.
Une mise à distance assumée
Sur le plateau des Grandes Gueules, Joëlle Dago-Serry a proposé une lecture sans concession : Brigitte Bardot s’était volontairement retirée de ce milieu, entretenant peu de liens avec ses contemporains. « Les gens que tu ne connais pas n’ont pas à se rendre à ton enterrement », a-t-elle résumé, avant d’évoquer les prises de position tranchées de l’actrice.
Le poids des engagements politiques
Pour l’avocat Charles Consigny, l’absence du cinéma s’explique aussi par un conformisme idéologique. « Le monde du cinéma est très irrigué par l’idéologie de gauche », affirme-t-il, estimant difficile de s’afficher aux obsèques d’une personnalité ayant revendiqué son amitié avec Marine Le Pen. Une position qui, selon lui, dissuade nombre d’artistes de s’exposer.
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Des fans soulagés de l’absence des “bobos”
Du côté du public, certains n’ont pas regretté ces absences. Marie, 65 ans, venue rendre hommage à l’actrice, salue une femme à la « vie libre ». « Finalement, ce n’est pas plus mal que tous ces bobos parisiens ne soient pas venus », lance-t-elle, assumant une forme de fidélité populaire à une icône restée à l’écart des conventions.
Une représentation politique contrastée
Sur le plan politique, la ministre de la Culture Rachida Dati n’était pas présente. Le gouvernement était représenté par Aurore Bergé. Marine Le Pen, en revanche, a bien fait le déplacement, fidèle à une relation revendiquée de son vivant par Brigitte Bardot.










