À deux ans de l’échéance présidentielle, La France insoumise avance prudemment ses pions.

Entre fidélité à son leader historique et volonté d’affirmer la primauté du programme, le mouvement entretient le suspense sur son futur candidat. Une stratégie assumée, qui laisse planer le doute tout en préparant le terrain.
Invitée sur TF1 ce matin, Mathilde Panot a choisi de ne rien précipiter. La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale a affirmé que la décision concernant le candidat à la présidentielle de 2027 serait prise « en temps voulu ». Une manière de temporiser, alors que les spéculations s’intensifient autour du nom qui portera les couleurs du mouvement.
Cette prudence n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie où le calendrier politique n’est pas dicté par la pression médiatique, mais par la construction interne du projet porté par La France insoumise.

Mélenchon, une figure toujours centrale
Sans surprise, Mathilde Panot n’a pas écarté la possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon repartir au combat. Elle a même estimé qu’il « serait un excellent candidat », rappelant implicitement le rôle central qu’il continue de jouer au sein du mouvement.
Après trois candidatures présidentielles, l’ancien député européen reste une figure incontournable pour une large partie des militants et sympathisants. Son expérience, sa notoriété et sa capacité à mobiliser l’électorat de gauche en font encore un atout politique majeur pour LFI.
« Le candidat, c’est d’abord le programme »

Mais au-delà des noms, Mathilde Panot a insisté sur un point clé : pour La France insoumise, la priorité reste le contenu politique plutôt que l’incarnation. « Le candidat, c’est d’abord le programme », a-t-elle martelé.
Ce positionnement vise à recentrer le débat sur les propositions portées par le mouvement, plutôt que sur la personnalité de celui ou celle qui les défendra. Une façon de rappeler que, pour LFI, la présidentielle doit être le prolongement d’un projet collectif, et non d’une ambition individuelle.
Une stratégie pour maintenir l’unité
En laissant la question ouverte, LFI évite aussi les divisions prématurées. Ne pas trancher aujourd’hui permet de préserver l’unité interne, dans un paysage politique où les rivalités de leadership peuvent fragiliser les partis bien avant l’échéance électorale.










