Les réactions du monde associatif ne se sont pas fait attendre. Amnesty International Autriche parle d’une mesure ouvertement discriminatoire à l’encontre des filles musulmanes, susceptible d’alimenter les préjugés et le racisme antimusulman. Dans un pays de neuf millions d’habitants, où les discours anti-immigration se sont intensifiés ces dernières années, les ONG redoutent un effet délétère sur la cohésion sociale.
Une stigmatisation dénoncée par les représentants musulmans

L’IGGÖ, organisation représentant officiellement les communautés musulmanes en Autriche, alerte sur les conséquences psychologiques et sociales de la loi. Elle estime que le texte va stigmatiser les enfants concernées et affaiblir la confiance dans l’État de droit. D’autres associations, comme Amazone ou SOS Mitmensch, redoutent un isolement accru des jeunes filles et la normalisation du contrôle de leur corps au nom de la loi.
Malgré l’assurance affichée par la coalition au pouvoir, certains experts restent sceptiques. Le constitutionnaliste Heinz Mayer rappelle que la Cour constitutionnelle avait jugé en 2020 qu’en visant uniquement le voile islamique, l’État discriminait une religion par rapport aux autres. Il souligne également le paradoxe d’une interdiction censée protéger les enfants, mais susceptible de les placer dans une situation encore plus inconfortable au sein de leur environnement familial.
