Quelques heures plus tard, l’émission enregistrée, Benoît Duquesne regagne sa péniche, amarrée sur la Seine à L’Île-Saint-Denis. C’est là, au matin du 4 juillet, qu’un collègue le retrouve sans vie. Il avait succombé à une crise cardiaque. Il n’avait que 56 ans.
Une figure du journalisme public fauchée en plein élan
La disparition de Benoît Duquesne provoque un choc immédiat dans les rédactions et au sein du grand public. L’Élysée, par la voix de François Hollande, salue « un journaliste rigoureux et exigeant qui incarnait la liberté d’information ». Manuel Valls rend hommage à « un grand professionnel, passionné de politique et profondément attaché au service public ».
Ses collègues ne cachent pas leur stupeur. « Rien ne laissait imaginer qu’il aurait un tel pépin », souffle Yvan Martinet, journaliste à Complément d’enquête. Robustesse, dynamisme, rigueur : tout en lui évoquait une longévité encore longue dans le métier.
Un adieu digne d’un homme respecté
Le 10 juillet 2014, des centaines de personnes se rassemblent à l’église Jeanne-d’Arc de Versailles pour lui rendre hommage. Parmi elles, les visages familiers de l’info : Gilles Bouleau, David Pujadas, Jean-Pierre Elkabbach, Laurent Delahousse. Tous viennent saluer la mémoire d’un confrère, mais aussi soutenir une famille anéantie. Son épouse, Élisabeth, et leurs quatre enfants – Pierre, Marie, Mélanie et Mathilde – sont présents, dignes dans la douleur.
L’émotion est palpable dans cette assemblée où s’entrechoquent le deuil personnel et la perte collective. Car Benoît Duquesne, au-delà de ses qualités professionnelles, était aussi ce collègue bienveillant, ce père attentionné, ce mari discret et fidèle.
Un héritage vivant, transmis à travers ses enfants
Les années ont passé, mais la passion du journalisme continue de courir dans les veines de la famille Duquesne. Marie, l’une de ses filles, travaille depuis plusieurs années à BFMTV. Reporter de terrain d’abord, elle a ensuite rejoint la direction éditoriale de la chaîne locale à Nice, où elle transmet à son tour ce qu’elle a sans doute hérité de son père : le goût de l’information, le sens de la responsabilité, la rigueur sans dogmatisme.
En mai 2025, elle est invitée par les étudiants de l’École de journalisme de Nice (EDJ), pour évoquer son métier, mais aussi ce qu’il représente. Un legs paternel, transmis avec pudeur mais détermination.

