Une semaine après l’agression d’une enseignante, le lycée Raymond Naves, à Toulouse, s’est retrouvé à l’arrêt.

Face à un climat jugé de plus en plus préoccupant, une partie du corps professoral a décidé de suspendre les cours pour alerter la direction et les autorités. Un signal fort dans un établissement de 1 300 élèves.
Mardi 17 février, des enseignants du lycée polyvalent Raymond Naves, situé dans le quartier Croix-Daurade à Toulouse, ont choisi de ne pas assurer leurs cours. Ce débrayage fait suite à l’agression d’une professeure survenue la semaine précédente, événement qui a profondément marqué la communauté éducative.
Selon plusieurs enseignants, cet épisode ne constitue pas un fait isolé mais s’inscrit dans un contexte plus large de tensions persistantes au sein de l’établissement.
Les circonstances de l’incident

D’après Philippe Buzon, professeur de français et d’histoire-géographie dans le lycée depuis une dizaine d’années et secrétaire départemental du Sneeta-FO, les faits se sont déroulés lorsqu’une enseignante a surpris un élève dissimulé dans un SAS d’étage, en train de prier.
Rappelant le principe de laïcité applicable dans un établissement scolaire public, elle lui aurait demandé de cesser. L’élève l’aurait alors violemment poussée, provoquant sa chute, avant de prendre la fuite. La professeure, choquée, a été placée en arrêt de travail. L’auteur présumé, qui n’était pas connu d’elle, a dû être identifié à l’aide des images de vidéosurveillance.
Un climat scolaire jugé dégradé

Pour les enseignants mobilisés, cette agression est révélatrice d’une dégradation plus profonde. Philippe Buzon évoque un climat scolaire qui se détériore depuis plusieurs années, pointant notamment un manque de moyens humains, en particulier de surveillants, pour encadrer les élèves.
Les personnels dénoncent une accumulation d’incivilités et d’incidents : départs de feu dans des poubelles, agressions verbales et parfois physiques. Selon eux, ces situations génèrent un sentiment d’insécurité croissant parmi les équipes pédagogiques.
Une émotion vive au sein de l’établissement
« On est profondément ému », confie un enseignant. Au-delà du choc provoqué par l’agression, c’est la répétition des incidents qui inquiète. La solidarité envers la collègue agressée s’est traduite par ce mouvement collectif, destiné à interpeller la direction et les autorités académiques sur l’urgence de la situation. Les enseignants souhaitent obtenir des garanties en matière de sécurité et de renforcement des effectifs de vie scolaire afin d’apaiser les tensions.










